Wiki Dead by Daylight

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~ Les Développeurs

EN SAVOIR PLUS

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Quotes left Bonjour.
Je veux jouer à un jeu.

Les histoires et les souvenirs sont comme les pièces d'un puzzle. Ton obsession pour les autres vies a miné ta propre existence. Ta vie sombre dans la folie... alors que tu cherches désespérément la pièce manquante... la pièce qui te révèlera une issue.

Voici mon cadeau : un indice.

Ce que tu as été... est juste devant toi... depuis le début. Tu dois juste... regarder au-delà de ton obsession.

Vas-tu continuer à te perdre dans d'autres vies ? Ou prendra-tu un moment pour voir... pour vraiment voir ? Ton esprit peut être ton sanctuaire... ou ta prison. Le choix est, et a toujours été, le tien.
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~ L'Entité (sous la forme de Billy, la Marionnette de Jigsaw) à L'Observateur, Narration de la bande-annonce du Tome 10 - SAW

Tome 10 - SAW est le dixième TomeIconHelp archivesCollectionIconHelp archivesCollectionIconHelp archivesCollection sorti dans Dead by DaylightIconHelp DBDlogoIconHelp DBDlogoIconHelp DBDlogo et s'est ouvert le 26 janvier 2022. Il a été accompagné par la Faille 10.

Aperçu[]

IconTome tome10

Le Tome 10 a ajouté de nouvelles Histoires pour les Personnages suivants:

Personnage Entrée d'Histoire
Le CochonIconHelpLoading pigIconHelpLoading pigIconHelpLoading pig Ambition Vaine
Souvenirs: Amanda Young
David TappSurvivorTappSurvivorTappSurvivorTapp Profanation du Cœur
Souvenirs: David Tapp
L'ObservateurIconHelp archivesGeneralIconHelp archivesGeneralIconHelp archivesGeneral Choses dans la Brume
Journaux, Histoires et Notes

Il contient également des défis basés sur les personnages pour les personnages suivants :

Souvenirs et Journaux[]

Amanda Young: Ambition Vaine[]

Souvenir 9107[]

Amanda sent son rythme cardiaque accélérer tandis que le sujet de test hurle sur l’écran du téléviseur. Elle l’observe pendant qu’il baisse les yeux vers le cylindre transparent appuyé contre son abdomen. Plusieurs rats sont piégés à l’intérieur du cylindre, griffant la peau du sujet. À l’intérieur, le thermomètre affiche 36 °C. Les rats sont nerveux, coincés entre le verre et son estomac. Ils ne peuvent pas échapper à la chaleur. Amanda est ravie de voir le sujet crier tandis que les rats lui lacèrent la peau. Il cède alors à sa faiblesse, et active le dernier mécanisme du piège. Amanda ressent une montée d’adrénaline tandis qu’une planche s’élève à l’intérieur du cylindre collé à l’abdomen du sujet, à l’opposé des rats affamés, laissant place à un cobra sifflant. Le serpent s’élance et les rats se déchaînent. Ils griffent et mordent comme des fous l’estomac du sujet pour échapper au serpent. Un rat se glisse dans le ventre du sujet. Amanda sourit tout en l’observant hurler d’agonie.

Fin de partie.



Amanda est euphorique tandis qu’elle se précipite dans la salle suivante pour retrouver John Kramer. Mais son humeur change quand John la reçoit, d’un froncement de sourcil épuisé.

Jake essuie la transpiration de ses sourcils et loue ses efforts, tout en critiquant son plan. Faire souffrir semblait être l’unique idée derrière le piège. La souffrance peut servir de châtiment, mais elle doit d’abord être offerte comme rédemption.

Amanda fronce les sourcils. Après tous ses efforts, comment peut-il douter d’elle ? Elle suit ses enseignements à la lettre. Cette nouvelle chance est bien trop précieuse pour qu'elle la gâche. Elle observe comment John se penche sur la table pour reprendre son souffle. Sa respiration se change en une quinte de toux et elle lui tend une bouteille d’eau. Amanda voit bien que leur temps ensemble est limité. Elle n’a pas le moindre doute là-dessus. Elle est destinée à lui succéder et à poursuivre ce qu’il a commencé.

Souvenir 9108[]

John titube à l’intérieur de l’usine de conditionnement de viande. Il a les yeux marqués de profonds cernes, comme s’il n’avait pas dormi depuis des semaines. En général, Amanda ne dort pas plus de quatre heures par nuit. Encore moins avant un test. L’émotion la maintient éveillée.

Son regard se pose sur le dossier volumineux que tient John. Un autre test ?

John hoche la tête. Il compile des informations sur Grace Wright, une femme politique aimable en campagne pour les prochaines élections.

Amanda l’observe tandis qu’il se masse les tempes. Il a encore plus mauvaise mine que la semaine dernière. Combien de temps avant d’avoir appris tout son art ? Quelques années ? Quelques mois ?

Pour protéger leur héritage, elle devra être prête le moment venu. Elle doit poursuivre l’œuvre de John en tant que Jigsaw, en tant qu'héritière. Amanda tend le bras pour se saisir du dossier dans ses mains. Laisse-moi te prouver ce que je peux faire.

D’un air fatigué, John observe Amanda qui le regarde fixement. Elle est prête et le temps presse.

Il hoche la tête avec réticence.

Souvenir 9109[]

Amanda allume la télévision et aperçoit le visage radieux de Grace Wright à l’écran. Les élections se déroulent ce soir.

De nombreuses feuilles s’échappent du bac à papier de l’imprimante, tombant aux pieds d’Amanda. Elle les ramasse. Plus tôt dans la journée, elle a accédé à la boîte de réception de Grace pour trouver sa faiblesse. Le test doit être parfait. John pourra peut-être enfin trouver le repos quand il aura la conviction de laisser l’œuvre de sa vie entre de bonnes mains.

Amanda examine un tas de documents et d’e-mails entre Grace et un avocat remontant à une dizaine d’années. Un certain Ben Fairfax a menacé de révéler un scandale lié à l’époque où Grace avait rejoint le conseil municipal. L’action en justice avait été très vite résolue.

Mais les e-mails avaient continué entre Grace et son avocat. Amanda découvrit un rapport démontrant que Zanix industries, un exportateur de cuivre de la région, avait déversé des déchets directement dans l’Hillford, contaminant la nappe phréatique. Les vieilles canalisations de la ville avaient été incapables de filtrer la contamination. Grace avait étouffé l’affaire pour éviter d’augmenter davantage les impôts déjà élevés de la ville. Pendant dix ans, des détritus ont été déversés dans l’eau des électeurs inconscients de Grace.

Amanda regarde le verre d’eau sur son bureau.

Elle le vide dans l’évier et saisit une bouteille de vodka dans le congélateur. L’amertume gelée coule sur la langue, frappant son palais avec un goût d’herbes prononcé. Ce n’est pas le meilleur moyen de s’hydrater, mais c’est plus sûr que l’eau du robinet d’Hillford.

À la télévision, des confettis recouvrent les cheveux bruns de Grace. Les résultats sont tombés... Grace Wright a été élue au poste de maire.

Souvenir 9110[]

Amanda reçoit un message énigmatique de John. Quand elle le retrouve à l’usine de conditionnement de viande Gideon, ses doutes sont confirmés. John a l’air pâle et fragile. Les effets secondaires de son traitement semblent aussi épuisants que la maladie. Sa démarche est lente et méticuleuse, comme s’il était en train de calculer le coût de chacun de ses pas.

Amanda le prend par le bras pour l’aider à s’asseoir. Il ne peut plus lui cacher sa douleur. Elle l’examine tandis qu’il cherche à retrouver son souffle. Des gouttelettes de sueur se forment sur son front.

Son meneur, son mentor… son père se meurt. Amanda serre le poing. Que vais-je faire sans lui ?

La panique la prend au vendre, lui nouant l’estomac. Puis vient une autre sensation. Quelque chose de trépidant... Non, d’excitant. Une poussée palpitante de liberté. Le contrôle absolu.

John l’interroge à propos du test de Grace et Amanda veille à le rassurer.

Son héritage est entre de bonnes mains. Elle le lui prouvera.

Souvenir 9111[]

Elle sent ses tempes palpiter. Ça fait des semaines qu’elle n’a pas dormi plus de deux heures par nuit. Elle grimace tout en essayant d’avaler un analgésique qui racle sa gorge sèche. Elle ignore le goût amer qu’il lui laisse en fondant au fond de sa bouche. Elle n’a pas de temps, ni pour dormir, ni pour boire. Elle explore le réseau de tunnels sinueux sous l’usine de conditionnement de viande Gideon pour le test de Grace.

Les palpitations sont de plus en plus fortes et Amanda se masse les tempes tout en marchant. Elle a la sensation que sa tête va exploser, mais elle ne peut pas s’arrêter. John a besoin d’elle. Cette migraine va bien finir par cesser. Son mentor n’a pas un tel privilège. Il lui reste peu de temps à ses côtés. En fin de compte, tous les tests seront uniquement de sa responsabilité. Le moment venu, elle devra être prête.

Amanda éclaire le plan des sous-sols de l’usine de conditionnement de viande Gideon à l’aide d'une lampe de poche et revient sur ses pas. Pendant qu’elle examine le vaste réseau de tunnels, une autre pensée lui vient à l’esprit. Bientôt, Gideon sera son territoire. Elle éprouve alors une étrange sensation palpitante d’inquiétude et d’émotion.

Sa lampe de poche éclaire un embranchement familier : le tunnel de gauche mène à la salle de bain souterraine, celui de droite aux eaux usées de l’usine de conditionnement de viande.

Pour suivre les traces de John, elle doit concevoir un test correspondant à la faiblesse de Grace : une ambition corrompue de gravir les échelons jusqu’à devenir maire, au prix de la santé de milliers de personnes. L’heure est venue de lui donner une bonne dose de son propre poison. Amanda rampe dans le tunnel à sa droite.

Souvenir 9112[]

Amanda se cache dans la salle de bain de Grace, derrière le rideau de douche fermé. Elle sent son cœur s’emballer tandis qu’elle attend le moment idéal pour frapper. C’est le moment qu’elle préfère. L’adrénaline la submerge, amplifiant ses sens. Elle a la sensation de pouvoir affronter le monde entier, sans éprouver de fatigue ou de douleur. Elle se sent parfaitement éveillée, alors qu’elle n’a pas dormi depuis des jours. Pendant qu’elle attend sa proie, elle se sent vivante et puissante, chaque seconde se prolongeant en une sensation de bonheur profond et béat. C’est là, la vraie force des enseignements de John. Une deuxième chance de vivre à un niveau spirituel supérieur.

Amanda entend la porte s’ouvrir dans l'entrée. Elle tend l’oreille pour voir si quelqu’un est avec Grace. Les bruits de pas viennent confirmer ce qu’Amanda sait déjà du programme de Grace... la maire est seule ce soir. La porte de la salle de bain s’ouvre en grinçant. Dès que Grace entre, Amanda s’élance.

Une lutte s’ensuit entre les deux femmes tandis que de l’eau déborde du lavabo de la salle de bain. Amanda écrase le visage de Grace contre le miroir. Grace hurle et donne un coup de tête à Amanda qui ressent un élan de douleur traverser son nez masqué. Amanda titube en arrière, mais l’adrénaline prend le relais. Elle est prête pour ça. Grace se jette sur elle et saisit son masque de porc. Mais Amanda lui donne un coup de coude au ventre, lui coupant le souffle. Tandis que Grace cherche à retrouver son souffle, Amanda s’élance et cogne la tête de Grace sur le sol chauffé. Grace s’évanouit.

Souvenir 9113[]

Amanda joue avec une bouteille d’eau en verre. Elle a un tas de clés sur la table devant elle. Aucune d’elle n’a d’importance, hormis une. Elle devrait glisser cette clé dans la bouteille, mais Amanda hésite. Si elle le fait, Grace pourrait l’utiliser pour s’échapper. Une maire récemment élue serait une alliée utile… et une héritière puissante pour John.

Amanda serre fermement la bouteille. Elle serait prête à tout pour son mentor. Même à trahir ses enseignements. La rédemption ne devrait être accordée qu’à une poignée de privilégiés.

Elle glisse la vraie clé dans sa poche et la fausse dans la bouteille. Elle lance ensuite la bouteille dans un bassin d’eaux usées de l’usine de conditionnement de viande.

C’est le concept d’Amanda, en tant que digne héritière de John Kramer.

Place au jeu...

Vidéo[]

Cette vidéo est débloquée après avoir complété tout les Défis de Maître avec ces Souvenirs.

David Tapp: Profanation du Cœur[]

Souvenir 4100[]

Le détective David Tapp éprouve une profonde lassitude au moment de sortir de sa voiture. Il redresse les épaules et inspire profondément, mais il sait qu’elle est toujours là. Dans ses yeux. C’est presque comme s’ils le trahissaient.

Il n’a pas loin à marcher jusqu’à la maison de monsieur et madame Sarenko. Il préférerait que ça en soit autrement, pouvoir retarder l’échéance à chaque pas. Mais c’est lui qui en a décidé ainsi. Il s’est porté volontaire pour les informer de la mort de Shane, leur fils disparu.

Il aurait dû partir en vacances. Il pourrait être sur la plage en train de profiter d’un bon barbecue. Pourquoi il a fait ça ?

Il était à deux doigts de prendre cet avion. À l’aéroport, tandis qu’il attend pour embarquer, sa femme qui lui tend le bras et serre sa main entre ses doigts. Il les lui serre en retour sans même réfléchir. Dans l’autre main, il tient le rapport du médecin légiste sur la dernière victime de Jigsaw. Il promet qu’il va juste y jeter un coup d’œil, et le ranger pour le reste de la semaine.

Femme. 37 ans. Un fragment de mèche retrouvé dans la blessure à la hanche. Concept peu conventionnel, créé sur mesure pour une entreprise qui a coulé dans les années 1980.

Tapp se souvient du logo de l’entreprise. Il a grandi à quelques rues de leur usine. Les lieux sont-ils toujours à l’abandon ? C’est bien trop important pour laisser ça à quelqu’un d’autre. Il peut annuler les billets d’avion, assumer la perte et réessayer dans quelques jours.

Il regarde sa femme. Une larme coule sur son visage avant même qu’il n’ouvre la bouche.

Souvenir 4101[]

Il a l’impression d’entendre la voix de quelqu’un d’autre quand il le dit. Votre fils Shane est mort.

Les visages des parents sont submergés par un déferlement d’émotions. D’abord le choc. La dévastation. L’agonie. Beaucoup trop pour un simple mot. C’est comme s’ils traversaient le traumatisme à chaque seconde, le laissant s’échapper de leur corps par leurs pleurs et hurlements.

Tapp se tient droit et attend, essayant d’ignorer cette sensation pénible, se rappelant que c’est bien pire pour eux. Il n’est qu’un spectateur, déchiré entre l’envie de présenter ses condoléances et de les laisser à leur chagrin. Peu importe, les deux options manquent de sincérité. Même après toutes ces années, il ne sait toujours pas quoi faire. Personne ne le sait jamais vraiment.

Le père hurle et cela lui rappelle Shane. Cela le renvoie à l’époque où tout a commencé, comme s’il s’agissait de souvenirs récents. Il se souvient clairement...

Il arrive à l’usine. Elle est abandonnée. Il fait le tour et cherche le moindre signe d’effraction. Au bout de vingt minutes, toujours pas d’empreintes de pas, ni de fenêtres cassées ou de clôtures coupées. Un doute persistant commence alors à le travailler.

T’as laissé ta femme pour traîner dans un terrain vague paumé et un vieux bâtiment pourri ? Sacrées vacances de merde.

Un semblant d’excuse commence à se former quelque part, mais rien de bien différent des précédentes. Enfin, il ferait bien de trouver quelque chose avant de rentrer chez lui. Elle a pu parler avec sa mère pendant des heures et cette bonne femme est prête à souffler sur les braises rien que pour le voir s’étouffer dans la fumée.

Je pourrais lui offrir des fleurs... ça fait un peu cliché, non ? Ouais. On est loin du stade du simple bouquet de fleurs pour se sortir de celle-là. Enfin, il n’y a—

Un bruit soudain.

Un cri ? C’était à peine audible, à une distance qui lui fait se demander si son imagination ne lui joue pas des tours.

Attends, ne te précipite pas sur ce coup. Prends un... ah, et merde.

Il faut surtout pas qu’il se goure. Fermer l’enquête pour qu’il puisse rentrer, lui dire que c’est terminé, qu’il est désolé, qu’il a déconné, qu’il est un enfoiré, mais que c’est du passé, qu’il va changer, qu’il sera présent, et qu’il se rachètera.

Au boulot. Il s’élance et force une porte branlante.

Souvenir 4102[]

Madame Sarenko l'invite à entrer et à prendre le thé. Il préférerait être sur un tabouret avec une corde autour du cou. Un endroit où seule une serveuse pourrait l’interrompre. Il aimerait tant décliner l’invitation.

Mais ce n’est pas possible. Ça sera un plaisir de rester à discuter un moment.

Il s’installe sur un canapé couvert de poussière, laissant son thé refroidir sur la table d’appoint. Un mélange de thé masala. C’est ce que sa femme lui préparait au début de leur relation. Déjà à l’époque, il n’aimait pas ça, mais il le buvait quand même. Ça lui faisait plaisir. Peut-être qu’à lui aussi. Le sifflement de la bouilloire, siroter une tasse de thé... c’était le genre de choses que faisaient les personnes mariées. Impossible de se souvenir quand elle a arrêté d’en faire.

Les parents de Shane sourient entre deux sanglots, tandis qu’ils racontent des histoires sur leur fils. De temps à autre, le mari ou la femme éclate en sanglots, avant de se ressaisir et de se confondre en excuses.

Tapp passe sa main sur sa radio, dans l’espoir d’entendre une voix demandant de l’aide. Madame Sarenko se tamponne les yeux tout en ressassant la dernière année de la vie de Shane.

Un garçon si gentil. Le départ de sa fiancée lui avait brisé le cœur. Il voulait que ça marche avec elle... mais n'y était jamais vraiment arrivé. Elle est partie. Et il s’est effondré. Il a abandonné ses études, avant de se laisser porter au quotidien sans aucune direction. Il ne s’en est jamais réellement remis... comme s’il avait cessé de vivre. Il avait perdu l’étincelle.

Tapp réagit d’un regard réconfortant, mais au fond de lui, il se souvient mentalement des informations de son rapport. Tester ceux qui ont renoncé à la vie, cela correspondait au modus operandi de Jigsaw. Shane avait perdu sa volonté et abandonné son futur, c’est une sorte de péché pour ce fou. Cet enfoiré complètement malade a accroché ce pauvre gosse à un piège pour lui donner une leçon. Une sensation pénible serait nécessaire pour soigner un cœur brisé ? Peut-être. À ce stade, il sait que Jigsaw en sait bien plus que quiconque. Ah... Merde. Il y a quelqu’un ? Il essaie de se triturer le cerveau, de trouver un autre souvenir avec lequel se torturer. La voix de madame Sarenko en fond sonore décide à sa place.

Shane. Il avait eu l’occasion de le sauver, mais il avait merdé.

Souvenir 4103[]

La scène se répète inlassablement dans sa tête, tambourinant au fond de son crâne comme une sale gueule de bois.

Ses yeux s’adaptent à l’obscurité de l’usine abandonnée. Des reflets lumineux percent au travers des interstices des fenêtres condamnées. L’air vicié emplit ses poumons. Il avance. Il se déplace entre des rangées d’étagères. Il regarde le sol et aperçoit des empreintes de pas dans la poussière épaisse. D’un mouvement calme et résolu, il dégaine son arme. Il s’arrête puis écoute, attendant de voir s’il entend l’intrus. Rien d’autre que le silence. Il fait un pas de plus et—

Le métal crisse sur le sol de béton. La lourde étagère à côté de Tapp s’incline au-dessus de lui. L’adrénaline prend le dessus. Le temps semble ralentir. Pendant une milliseconde, il intercepte une pensée adressée à son subconscient.

Est-ce qu’elle pleurera quand ils lui diront que je suis mo—

Ses neurones s’activent dans un seul et même but : sauter. Projette ton poids, lance-toi, étends les bras, et prépare-toi à l’impact. Il tombe à terre violemment. Un fracas assourdissant résonne autour de lui.

Il regarde derrière lui pour voir l’étagère effondrée là où il se tenait l’instant d’avant, son arme coincée en dessous. Des pas se précipitent sur le sol. Une silhouette dissimulée prend la fuite dans l’ombre. Tapp se remet sur pieds et s’élance à sa poursuite.

Souvenir 4104[]

Il poursuit la silhouette qui fuit, cherchant à voir ce qu’elle dissimule. Il lui crie de s’arrêter, sachant que c’est inutile mais—

Monsieur Tapp ? Monsieur l’agent ?

Il est brusquement tiré de ses pensées. Madame Sarenko lui tend patiemment une photo. Il ne veut pas la voir. Il préfère dédier son attention à son thé, prenant une gorgée et observant les résidus au fond. Il sait bien qu’il en est incapable. Peu importe la culpabilité qui ronge sa gorge comme de la bile, il sait qu’il doit jouer son rôle dans ce rituel.

Il prend la photo. Shane est jeune, souriant, habillé pour son bal de promo. Un grand sourire plein de ferveur. Mais ce que Tapp voit s’estompe rapidement jusqu’à ne voir qu’un gamin assassiné, la peur et la douleur gravées sur le visage. Il se souvient alors qu’il y avait autre chose dans le regard de Shane la première fois qu’il l’avait vu : de l’espoir. La croyance qu’il pourrait peut-être s’en sortir.

C’est ça qui fait le plus mal.

Souvenir 4105[]

Tapp poursuit la silhouette jusque dans une salle mal éclairée, des bruits électroniques résonnant à son entrée. Il trébuche et il est presque figé de choc par ce qu’il trouve face à lui.

Un jeune homme terrifié se tient à près de 5 mètres de lui, des crochets métalliques lui transperçant le dos et les bras, l’immobilisant complètement. Un marteau-piqueur se trouve face à lui, enchaîné et verrouillé à son cou et son torse, l’extrémité dirigée du côté gauche de sa poitrine. Sur le mur derrière lui, l’image d’un cœur brisé en deux.

Un chronomètre égrène un compte à rebours. 45 secondes. Shane hurle, s’étirant pour attraper un anneau de clés en suspension devant lui, les crochets déchirant son dos et ses bras. Du sang ruisselle sur son corps. Tapp court jusqu’à lui.

Tiens bon gamin, respire, respire. Ne bouge pas.

Tapp s’empare du porte-clés, en choisit une au hasard, la glisse dans le cadenas autour du cou de Shane. Il essaie de la faire tourner. Sans succès. Il en prend une autre. Ce n’est pas ça. Ses mains tremblent. Il regarde le chrono. Une autre clé. Toujours pas.

Des bruits de pas sur le béton. La silhouette dissimulée émerge de l'ombre et tente de s’échapper. Il a encore le temps de l’attraper. Shane hurle, sa respiration accélérée rendant ses propos incohérents. Tapp regarde derrière lui.

Bon sang. Tiens bon, je t’ai presque.

Une autre clé qui ne marche pas. Ou c’est celle qu’il a essayée avant ? Ce n’est pas possible. Laquelle choisir... ?

La silhouette dissimulée se précipite vers une sortie de secours. Tapp n’a pas le temps de réfléchir.

Souvenir 4106[]

Tapp se tient sur le palier de madame Sarenko qui lui pose la main sur l’épaule, lui tendant un sourire triste. Elle le remercie d’avoir été présent dans les derniers moments de Shane, d’avoir tenté de le conforter et de l’aider autant que possible.

Je sais que ça a fait toute la différence à ses yeux. Shane n’a jamais aimé la solitude.

Tapp a la bouche sèche, l’estomac noué. Il cherche à dire un mot, mais il ne fait que s’éclaircir la gorge. Il hoche la tête et espère que ça suffira. Il enfile sa veste, se retourne, et tente de ne pas trébucher tandis qu’il s’éloigne de la maison, la distance semblant plus longue qu’à l’aller.

Il a envie de crier. Ou de s’effondrer en silence. Un peu des deux, peut-être... Il saisit son téléphone et cherche le numéro de sa femme. C’était la routine. Il l’appelle et lui dit que la nuit a été difficile, qu’il va acheter des ramens, et de la bière. Qu’ils pourraient se coucher tard, discuter, regarder un peu la télé et s’endormir ensemble sur le canapé.

Son pouce survole le bouton d’envoi, mais il ne peut se résoudre à appuyer dessus. C’est trop tard. Peu importe où elle est, elle est partie, et depuis longtemps. Il ne reste plus que lui et Jigsaw.

Il tremble rien qu’à cette idée. Le poids l’écrase, inavoué, sans pardon. Sans elle, le souvenir de ce qui est réellement arrivé à Shane s'enkyste et s’envenime...

Vidéo[]

Cette vidéo est débloquée après avoir complété tout les Défis de Maître avec ces Souvenirs.

L'Observateur: Choses dans la Brume[]

Arcus 27[]

La plupart des histoires incluant Haddie et Jordan se terminent par la disparition de l’un des deux, ce qui explique certains des souvenirs contradictoires que j’ai découverts dans la brume. Je crois qu’il y a en fait plusieurs Haddie et plusieurs Jordan qui sont coincés ici. Les souvenirs que j’ai étudiés jusqu’à présent se contredisent les uns les autres et s’alignent rarement entre eux ou avec les histoires que j’ai trouvées dans la Chambre du sang. Toutefois, je dois toujours me souvenir que les histoires et les œuvres amassées dans la chambre sont interprétatives. Elles ne sont pas exactes et elles sont plus ou moins inspirées par plusieurs versions des frères et sœurs qui existent, existeront ou ont existé au sein de la tapisserie éternelle de l’omnivers.

À dire vrai… Les Inconnus ont amassé tant d’histoires que j’ignore par où commencer mes recherches. Pour l’instant, je suis centré sur La grue rouge et Minuit moins douze pour mieux comprendre le fonctionnement de la brume noire et comment les personnages de ces histoires ont pu interagir avec à leur avantage. Il y a également tant de versions de Déjàvuisme liées à l’histoire d’un homme découvrant un passage vers les plus sombres recoins de cette dimension pour sauver un être qui lui est cher. Mais l’histoire n’explore pas en détail comment il a pu y accéder et je dois étudier d’autres versions de l’histoire pour voir si elles contiennent des informations capables de m’aider. Mieux encore, j’espère dénicher ses souvenirs réels dans la brume pour tenter de comprendre comment il a trouvé le moyen d’accéder à ce royaume.

Chambre du sang. Jour nocturne. Mahan Singh. 1.[]

Mahan Singh a passé dix-sept ans à amasser une fortune, pour sa nièce dont il s’était séparé, en dirigeant des missions de mercenaires dans le monde entier pour le compte de Leviathon Securities. Soldat décoré de l’armée indienne, Mahan avait été expulsé après treize années de service pour avoir désobéi à des ordres alors qu’il était en mission pour les Nations unies. Peu après, il avait rejoint Leviathon et s’occupait de tout un tas de missions étranges impliquant la sécurisation de lieux hantés et l’obtention d’artéfacts étranges de nature occulte. Des lieux et des artéfacts qui semblaient sans valeur, mais qui pour une raison ou pour une autre avaient énormément d’importance aux yeux de gouvernements et organisations. Mahan ne savait pas quoi en penser. Pour lui, tout cela ressemblait à une guerre invisible entre des sociétés secrètes capables d’utiliser les gouvernements et les sociétés comme des pièces d’un échiquier pour un tas de vieux livres moisis et des colifichets géométriques de civilisations oubliées.

Mahan était désormais coincé derrière le mur effondré d’un village en périphérie de Nairobi, au Kenya, les cadavres de son unité disséminés, en morceaux, sur les chemins de terre alentour. Il avait combattu toute la journée contre différentes unités avant de finir par se retrouver à court de chance et de munitions.

Je ne vais jamais sortir de là... Je n’ai aucun appui, pas de munition, et la chance m’a abandonné. À quoi peut bien servir la chance si tu as une arme et toute ta tête ? Tu as déjà été dans des situations bien pires et tu t’en es sorti. Tu ne seras battu que le moment venu. Je suis battu. Tu l’es presque, ce qui n’est pas la même chose.

Soudain, Mahan entend les mercenaires proches échanger en russe en hurlant. Ils planifiaient une attaque et se coordonnaient entre eux. Il jeta un coup d’œil, puis baissa rapidement la tête au moment où plusieurs tirs venaient frapper le mur, projetant un nuage de poussière et de pierre. Il jura en punjabi, s’empara de son fusil automatique, puis il pencha légèrement la tête, suffisamment pour apercevoir des silhouettes se déplaçant rapidement avec la pleine lune en fond, approchant de sa position. Très vite, il rampa jusque dans une maison à proximité où il cacha l’actif, le parchemin ancien, sous plusieurs cadavres d’agents britanniques qu’il avait tués avant que les Russes ne décident de se joindre à la fête. Il se cacha alors dans l’ombre, tenant son fusil par le canon, refusant de mourir sans se battre.

Ils travaillent probablement tous pour le Collectionneur, se disait-il. Un millionnaire fou qui avait beaucoup trop de temps et d’argent. Shah veut juste s’assurer d’obtenir le parchemin avant qu’un autre milliardaire excentrique ne le récupère. Et d’où vient ce prix ? Soi-disant, d’une ancienne civilisation perdue, dotée de connaissances avancées et oubliées. Tout ça, c’est n’importe quoi. Un tas d’histoires anciennes à propos de prêtres païens, de rituels barbares et de divinités cosmiques racontées autour d’un feu de camp. Au mieux, de la vieille science-fiction.

Respirant profondément, Mahan entendit le bruit de leurs pas, presque inaudibles, avant même de les voir. Il plissa des yeux tandis qu’il faisait face à deux mercenaires se tenant sur le pas de porte, éclairés par la lueur de la lune. D’un grognement, il s’élança en l’air, écrasant la culasse de son fusil contre une tête puis l’autre.

Les deux mercenaires s’effondrèrent inconscients. L’instant d’après, Mahan arracha un fusil chargé des mains de l’un des mercenaires abattus et se précipita vers la porte, se mettant à couvert derrière un puits grouillant de grosses mouches bourdonnantes. À l’intérieur du puits se trouvaient les cadavres en décomposition de ceux qui avaient recherché le parchemin, mais n’avaient trouvé que la mort.

Mahan enfouit le nez dans son bras, contenant des haut-le-cœur. Puis, à la vue d’un mercenaire, il souleva son fusil et appuya sur la détente. Les balles ouvrirent des orifices dans le cou et le visage du mercenaire qui vacilla puis s’effondra dans un chariot, son crâne en bouillie ne tenant que par un lambeau de chair.

Tandis qu’il scrutait les ombres à la recherche de mercenaires, Mahan entendit soudain un bruit de pierres derrière lui. Il se retourna pour faire feu—

Une seconde trop tard.

Il encaisse la force brute de plusieurs impacts grâce à son gilet pare-balles, mais ils le font tituber en arrière jusque dans la soupe noire mortelle. L’instant d’après, les mercenaires encore en vie jettent un œil par-dessus l’embouchure du puits, tandis qu’une épaisse brume noire s’enroule autour d’eux tel un serpent.

Inspirant profondément, Mahan ferma les yeux, attendant que la mort vienne l’emporter. Au lieu d’une détonation se propageant au cœur de l’obscurité comme un coup de tonnerre, il entendit un hurlement suivi de cris d’agonie. Quand il ouvrit les yeux, les mercenaires avaient disparu comme s’ils avaient été effacés par la brume.

Mahan lutta pour se dépêtrer des fluides et du sang putrides et escalader jusqu’au bord du puits. Tandis qu’il s’extirpait de l’ouverture sanglante, il remarqua que le monde semblait plongé dans un abîme de brume. Avant même de parvenir à donner du sens à ce qu’il se passait, quelque chose l’attrapa par la cheville, avec force, et tenta de l’attirer en arrière.

Désespérément, Mahan se cramponna fermement à la margelle du puits. Il regarda à ses pieds et vit alors de nombreuses mains qui tentaient d'agripper ses jambes. Il s’accrocha de toutes ses forces, mais ses mains finirent par glisser sur le sang et les entrailles. Dans un cri terrible, il tomba en arrière au cœur de l’horreur, des mains osseuses lui griffant les jambes, les bras, la gorge, la barbe, le nez, le turban, et l’attirant toujours plus profondément dans l’obscurité.

Tandis qu’il coulait dans le sang épais en fermentation, il ressentit de violentes vagues de douleur à la tête. Étrangement résigné, il savait qu’il allait mourir ou qu’il l’était déjà, et qu’il ne connaîtrait jamais sa nièce, ni ne saurait ce qu’il était advenu d’elle. Après la mort de sa femme et de ses parents dans un accident aérien puis la disparition de son frère, elle était tout ce qu’il lui restait. Elle était sa seule famille et il avait juré de toujours veiller sur elle.

Mais la vie vint alors s’en mêler et finalement, il n’avait veillé que sur lui-même. Il avait mené une vie égoïste et solitaire, contraire à ses croyances et son éducation. Il était une contradiction ambulante qui avait réussi à se convaincre qu’il était maudit, que toutes les personnes qu’il avait aimées étaient mortes ou avaient disparu, et qu’il rendait service à sa nièce en se tenant éloigné de sa vie. Il s’était convaincu qu’il maintenait sa malchance loin d’elle tout en amassant une fortune dont elle pourrait profiter un jour.

Mais Mahan savait bien que c’était un mensonge. Il n’avait pas la moindre idée de ce que cela impliquait de prendre soin et d’éduquer un être humain. Élever la fille de son frère le terrifiait et c’est pour cela qu’il s’était accroché à la moindre excuse pour l’abandonner. Tout ce qu’il savait, c’était tuer et détruire au nom de gouvernements et de sociétés. Et tandis que l’obscurité l’avalait, Mahan réalisa avec horreur que tuer et détruire était tout ce qu’il connaîtrait jamais.

Mahan n’avait pas été à la hauteur de ses ancêtres. Il n’avait pas été à la hauteur de sa famille. Ni de son frère, ni de sa nièce. Il ne connaîtrait jamais ses espoirs, ses rêves, ce qu’elle aimait ou ce qu’elle détestait... Il ne connaîtrait rien d’autre que l’obscurité noire d’encre qui lui couvrait les yeux et les horreurs innommables qui l’attendaient dans le grand inconnu.



MAHAN OUVRIT LES YEUX. Il était toujours dans le puits, immergé dans le potage mortel putride, observant la brume noire épaisse l’enveloppant tandis qu’il entendait un bruit de vrombissement, le bruit d’un moteur qui accélère et décélère quelque part au loin. Il prit un instant pour se ressaisir. Il ne se souvenait pas de grand-chose. Il se souvenait qu’on lui avait tiré dessus et qu’il était tombé dans le puits. Tout ce qui s’ensuivit ressemblait à un cauchemar s’inspirant de l’une des histoires de son père, celle de manifestants pacifiques sans armes, abattus et entassés dans un puits où ils furent abandonnés à se décomposer sous la chaleur écrasante du Pendjab.

Avec un grognement de douleur, Mahan parvint à s’accrocher à une pierre saillante de ses mains tremblantes et à se libérer de l’horreur avec difficulté. Pierre après pierre, il escalada les parois purulentes du puits, parvenant à franchir la margelle jusque dans l’épaisse brume noire.

Un cri résonna par-dessus le vrombissement incessant de la machine et Mahan réalisa rapidement qu’il n’était plus au Kenya. Il se releva et observa les alentours. D’étranges structures ressemblant à des usines étaient submergées par la brume. Éparpillées autour des structures se trouvaient des piles de vêtements et de cadavres en feu. Au-dessus dans le ciel rouge pâle, des corbeaux volaient en cercle et croassaient, amplifiant la cacophonie oppressante.

« À l’aide… pitié… »

Mahan entendit une femme appeler à l’aide depuis une volute de brume. Émergeant de sa propre stupeur, il tendit les mains, cherchant à ouvrir un tunnel au cœur de la brume, à la recherche de la source des bruits.

« À l’aide… quelqu’un... pitié… »

Il entendit à nouveau la voix désincarnée, qui semblait proche et éloignée à la fois. Il se figea sur place pour écouter attentivement, mais il ne pouvait entendre que le vrombissement incessant du moteur qui accélérait et décélérait.

« À l’aide… »

La voix à nouveau. Il se déplaça à gauche, puis à droite, et enfin, il atteignit une femme en uniforme de pilote, coincée dans un piège de fils barbelés. Sans dire le moindre mot, il écarta les épines métalliques de ses jambes tandis qu’elle grimaçait et se tordait de douleur à chaque mouvement. « J’ignore ce qu’il s’est passé ou comment j’ai atterri ici... ». Sa voix faiblissait et elle semblait perplexe.

« Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez ? » lui demanda Mahan tout en s’efforçant de la libérer du fil barbelé.

La pilote tituba en arrière et lui répondit à l’aide de grognements intermittents tandis qu’elle s’occupait de ses blessures. « J’étais en train de patrouiller… le ciel était bleu, dégagé… quand ce nuage noir est soudainement apparu… l’avion a commencé à trembler et à se décomposer… et ensuite, je ne sais pas… je me suis retrouvée ici… »

Ils entendirent soudainement un cliquetis et se retournèrent pour se retrouver face au canon d’un fusil. À l’autre bout du fusil se tenait un homme en treillis noir. « Qui vous êtes vous deux ? »

Mahan leva la main. « Attendez ! Faites attention… nous ne sommes pas une menace. Nous sommes juste aussi perdus que vous. »

« Qui êtes-vous et qu’est-ce que vous foutez au Texas ? Vous êtes de la CIA ? C’est un test ? »

Mahan grinça des dents. « Ce n’est pas un test. Et je crois pouvoir dire qu’on n’est pas au Texas. »

« Qui êtes-vous ?! »

L’agent pointa son fusil en plein sur le visage de Mahan. Avant même que ce dernier ne puisse répondre, une Japonaise vêtue d’un kimono rouge et noir émergea de la brume, dégainant un katana dans un tintement aigu. Elle leur aboya dessus en japonais et Mahan tendit la main pour la calmer. « S’il vous plaît… baissez votre épée... » Il se tourna alors vers l’agent. « S’il vous plaît… baissez votre arme… essayons de comprendre ce qu’il se passe. »

« Qui êtes-vous ?! » lui hurlait l’agent, pressant la bouche du fusil contre le visage de Mahan. « Je ne vais pas le répéter ! »

« Je peux vous répondre, mais ce n’est pas là la question, pas vrai ? »

« Ouais ! Et quelle est la question, alors ? »

« Où ? » lui répondit Mahan d’un ton monotone, lui signalant les usines détruites, les cratères et les tas de déchets et de cadavres en flammes. « Je crois que la question est : Où ? Où sommes-nous ? »

Une autre voix résonna derrière eux. « Il a raison. »

Mahan se retourna et vit un homme vêtu d’une veste de la police émerger de la brume. « On cherche encore à y répondre… mais pour l’instant, on devrait tous se demander : Combien ? »

« Combien ? » répéta Mahan.

« Oui, » lui dit le détective. « Combien de temps avons-nous avant que l’Horreur ne nous— »

Avant même de finir sa phrase, un cri suivi d’un gémissement aigu les fit sursauter. L’instant d’après un amas fusionné d’humanité et de machinerie fonça sur eux.

Mahan put distinguer plusieurs têtes, toutes hurlant des cris de combat dans différentes langues, attachées à un patchwork de ferraille carbonisée composé de missiles, de chars, d’avions de chasse, et de sous-marins nucléaires, aux couleurs, pavillons et logos de différentes époques dont il se souvenait vaguement. Choqué, il observait cette chimère monstrueuse sans vraiment savoir ce qu’il avait face à lui.

Il l’a appelée l’Horreur. On dirait l’incarnation de la guerre, la guerre parrainée.

Mahan avala le nœud grandissant qu’il avait au fond de la gorge, tandis que l’Horreur chargeait l’agent abasourdi lui arrachant la tête, avalant son visage terrifié et son cou dégoulinant comme une cerise bien mûre. Sa gueule effrayante s’ouvrit alors en grand, un torrent de flammes mit le feu au cadavre décapité qui s’écroula dans un tas de résidus industriels.

Ne souhaitant pas être la suivante, la samouraï s’élança à l’assaut de la monstruosité, la découpant en morceaux avec une vitesse et une précision incroyables. Incrédules, ils observèrent alors comment les bouts de chair et de métal se désintégraient lentement dans la brume vivante.

Le détective poussa un soupir. « Elle reviendra », dit-il, évaluant la samouraï. « XVIIIe ou XIXe siècle. Le Clan de la couronne rouge. Tu n’es pas la première. On pourrait bien avoir besoin de tes talents ici. »

La samouraï rengaina son katana et tenta de saisir la brume, comme si elle cherchait à en capturer un morceau pour l’étudier, comme si elle la reconnaissait.

Mahan approcha du détective. « Où sommes-nous exactement ? »

Mais le détective ne lui répondit pas. Il se contenta de leur tourner le dos avant de s’éloigner... « Suivez-moi si vous voulez vous en sortir. »

Mahan respira profondément, recouvrant ses sens. Il se mit alors à suivre le détective dans l’inconnu, suivi de la samouraï et de la pilote de chasse.



Mahan suivit le détective au travers d’un labyrinthe d’usines détruites par un bombardement et de montagnes de déchets enflammées. Au centre de ce brasier industriel se tenait une machine gigantesque munie de crochets, de caméras et d’écrans de télévision de toutes les marques et tailles possibles, diffusant des moments de la vie de Mahan comme si son cerveau était un signal Wi-Fi capable de partager ses souvenirs, ses plus sombres souvenirs. Pas seulement les siens, mais aussi ceux de la samouraï, de la pilote et du détective. C’était comme s’ils avaient été sélectionnés par une forme d’intelligence innommable et incompréhensible à des fins de divertissement.

Le détective s’arrêta au moment d’atteindre ce qui semblait être une trappe de sous-marin entourée par un tas de déchets et de cadavres carbonisés en flammes.

« Entrez ! » leur cria-t-il tout en ouvrant la trappe. « Je vous expliquerai ce que je sais quand on sera à l’abri. »

« Où est-ce que cela mène ? » demanda Mahan.

« Loin d’ici, » lui dit le détective. « Et c’est tout ce qui doit vous préoccuper. Pas le temps de vous expliquer. Mais quand on sera en sécurité, Ben répondra à toutes vos questions aussi bien que possible. Pour l’instant, vous devez— »

Un bruit de cliquetis métallique l’interrompit soudainement.

« Vite, vite, vite ! » Le détective hurlait tandis que l’Horreur approchait d’eux depuis les ombres. Immédiatement, il sortit sa lampe de poche, distrayant l’Horreur tandis que Mahan et les autres s’échappaient par la trappe.

Arcus 34[]

Il y a d’innombrables histoires d’horreur à propos de la brume ou du brouillard dans la chambre, et toutes ne sont pas liées à l’Entité. Les Inconnus ont fait un travail convenable en séparant les histoires pertinentes et sans rapport, facilitant mes recherches et mon étude des textes écrits par d’autres sur ces lieux et leurs expériences. Qu’a donc la brume, et pas seulement la brume noire, de si spécial pour avoir inspiré autant d’histoires au travers de l’omnivers ?

Chambre du sang. Minuit moins douze. Noirceur à venir.[]

Le bruit d’une bouteille résonnant contre le sol accueillit Haddie à son entrée dans le bâtiment à moitié incendié, emporté par les flammes la semaine dernière. L’air lourd et enfumé la prit au nez tandis qu’elle marchait sur les morceaux de verre et les tas de bois carbonisé. Les lumières de la ville brillantes perçaient au travers des vitres brisées et des murs croulants. Haddie choisit attentivement où poser les pieds jusqu’à atteindre l’ascenseur, où elle trouva la porte menant à la cage d’escalier. Un panneau sur la porte l’avertissait que toute la structure serait démolie dans la matinée.

Elle avait encore du temps, se dit-elle, tandis qu’elle montait les escaliers étroits. J’ai quelques heures pour convaincre Max qu’il n’est pas fou, qu’il ne perd pas prise avec la réalité et que quelque chose arrive à notre monde. Quelque chose que très peu de personnes peuvent voir et sentir.

Haddie atteignit la dernière porte en haut des escaliers et l’ouvrit pour accéder au toit. Elle vit alors un homme, assis sur le rebord, les cheveux épais et emmêlés, vêtu d’un blouson militaire usé par les éléments, en train de boire à n’en plus finir tout en observant les lumières brillantes de la ville.

Elle l’approcha lentement et il ne réagit pas à son approche, ni ne se retourna pour la regarder lorsqu’elle s’assit à ses côtés. Elle se contenta de s’asseoir en silence, écoutant les sirènes de police résonner au loin, au-dessus des klaxons et de la musique étouffée des clubs et des bars plus bas. « Je pensais bien vous trouver ici. » dit-elle.

Max avala quelques gorgées de rhum. « Je ne vous connais pas. »

« Mais moi si, Maxwell. »

« Je m’en fous de savoir d’où vous venez. Je n’ai pas envie de parler. »

« Oui, je le vois bien. Vous avez envie de boire. »

« Quelle perspicacité... » lui répondit-il d’un air sarcastique, tout en lui tendant la bouteille. « Vous pouvez vous joindre à moi si vous voulez. »

« Non, merci, M. Holt. »

« Comment connaissez-vous mon nom ? »

« Je sais beaucoup de choses sur vous, Max. »

« Vous êtes de la CIA ? Du FBI ? »

« Si c’était le cas, vous seriez déjà mort, » lui répondit Haddie. « Ancien athlète de biathlon olympique. Ancien soldat. Irak. Syrie. Afghanistan. Vous avez quitté l’armée à la suite d’un incident, et ensuite vous avez plus ou moins disparu des radars. »

« Vous savez utiliser un moteur de recherches. Bravo. Maintenant, laissez-moi en paix. » Max leva la bouteille et avala une nouvelle gorgée.

Haddie plissa les yeux, observant les ombres sur le toit derrière lui. Elle ne voyait rien, mais elle entendait les voix désincarnées qui lui parlaient. Elle les fit taire, puis l’approcha davantage. « Je sais que vous pouvez voir et entendre des choses que personne d’autre ne peut. Je sais qu’elles vous suivent. Je sais que vous voulez y mettre un terme. Et je ne le sais pas grâce à un moteur de recherches. »

Max baissa la bouteille de ses lèvres et fixa du regard un couple en train de se disputer sur le trottoir plus bas. « Vous ne savez pas ce que j’entends… ce que je vois… »

« Des choses qui ne sont pas d’ici. D’un autre monde. Un autre royaume. »

Max avala la boule qui se formait dans sa gorge.

Haddie fit une pause, puis continua :

« Quelque chose de mystique a attaqué votre unité et vous avez survécu grâce à vos aptitudes et désormais… personne ne vous croit. Vous avez été ridiculisé, renvoyé et réduit au silence avec une quantité infinie d’opiacés pour brouiller vos souvenirs et neutraliser vos questions. »

Haddie fit une pause tandis que ses yeux se remplissaient de larmes.

« Vous n’êtes pas fou, Max. Vos yeux ne vous ont pas trompé, et il n’y a pas assez de drogue ni d’alcool au monde pour soulager votre sentiment de culpabilité ou mettre un terme à vos cauchemars. Et c’est pour ça que vous êtes là, pas vrai ? Attendant le lever du soleil pour en finir. »

Max se racla la gorge. « Qu’est-ce que vous voulez ? »

« Compter sur vos compétences et vos aptitudes dans mon équipe. »

« De quelle équipe s’agit-il ? »

« L’équipe qui cherche à éviter la fin du monde. »

Max éclata d’un rire bruyant, avant de s’arrêter brusquement. « Sérieux ? »

Haddie lui prit la bouteille des mains, avala une bonne lampée, puis la lui tendit, hochant la tête d’un air sérieux.

Max secoue la tête. « Que savez-vous de ce qui est arrivé à mon unité ? »

« Pas grand-chose... » lui répond Haddie. « Ce que je sais, c’est qu’il y a des personnes très puissantes qui ont les réponses ou qui pensent avoir les réponses que vous cherchez. Ce que je sais, c’est que depuis que je suis adolescente, j’ai été prise entre les tirs croisés de deux groupes en guerre qui ont besoin de personnes comme nous pour accéder à cet autre royaume et en rapporter des choses. Ça fait quarante ans que j’essaie de leur échapper, et j’ai aidé d’autres personnes comme nous à éviter de souffrir un destin inconnu par leurs mains cruelles. »

Le visage de Max s’endurcit. « Ils se sont moqués de moi. Ils ont dit que quelque chose en moi avait craqué et que je m’étais imaginé la brume et les créatures qui en avaient émergé. »

Haddie secoua la tête. « Vous n’avez rien imaginé. J’ai perdu mon frère de la même manière. »

Ils échangèrent un regard.

« Il n’est pas mort… Je peux encore l’entendre… mais je ne peux pas le voir… »

« Où est-il ? »

Haddie haussa les épaules. « Je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est que nous ne sommes pas les seuls qui ont perdu des amis et des êtres chers à cause de ce phénomène. Et si on travaille ensemble, on pourra peut-être les revoir un jour. »

Max rit et saisit sa bouteille. « Donc, vous voulez me recruter ? C’est bien ça ? Vous me recrutez pour une sorte d’armée paranormale. » Il rit, à nouveau incrédule.

Haddie le regarda rire. « Je vous donne ce dont vous avez besoin. »

« Et de quoi s’agit-il au juste ? »

« Une seconde chance, » répondit sèchement Haddie. « Un sens à votre vie. Un but. Une chance d’empêcher les autres d’être assassinés ou utilisés par les mêmes salauds qui viennent pour vous pendant qu’on discute. »

Max rit. « Qu’est-ce que vous racontez ? Qui vient me chercher ? »

« J’ai une liste... »

Haddie s’arrêta brusquement. Elle sortit une arme de sa veste et tira en pleine tête sur deux silhouettes qui entraient. Elle se leva ensuite rapidement et alla vite voir les corps. Elle chercha une pièce d’identité, mais n’en trouva aucune. « D’autres viendront, » dit-elle en regardant Max tandis qu’il la suivait, hagard, les yeux exorbités. « Vous êtes au sommet de leur liste et c’est pour ça que je suis là. »

« Quelle liste ? De quoi parlez-vous ? »

« Suivez-moi, » dit Haddie. « Et je vous expliquerai tout. »

Max acquiesça, lâcha sa bouteille dans un grand bruit et suivit Haddie dans les escaliers, au-delà du bâtiment carbonisé, dans une allée où un taxi les attendait.



MAX HOLT SE TENAIT DANS LA CAVE de la librairie au coin de Park et Sherwood. Il examinait un mur d’images, de notes et de chiffres, recouverts d’une toile de fil rouge qui soulignait les connexions. Il fixa son regard sur les centaines, ou peut-être même les milliers de personnes disparues partout sur la planète. Entre les images et les notes se trouvaient des transcriptions d’histoires d’horreur provenant de plusieurs podcasts décodés en chiffres et en coordonnées. Il scruta ensuite la pièce et remarqua des artéfacts et œuvres provenant d’anciennes civilisations qu’il n’arrivait à lier à aucun des livres d’histoire qu’ils avaient lus, et il en avait lus beaucoup. Il se retourna vers le mur et, pour la première fois, remarqua une photo de son unité en Afghanistan parmi d’innombrables autres unités portées disparues au combat. Son visage s’assombrit, ses yeux se fixèrent, il se tourna vers Haddie et demanda, « C’est la liste ? »

Haddie s’approcha de lui. « C’est la liste de ceux que nous n’avons pas réussi à aider. » Ses yeux se fixèrent sur une photo de son frère sur un site de crash de zeppelin de la Seconde Guerre mondiale dans les Alpes françaises où ils avaient retrouvé de nombreuses « Wunder armes » qu’une unité secrète allemande transportait pour l’ordre de Thulé. C’est la dernière fois qu’elle l’avait vu avant qu’il ne disparaisse. « La liste de ceux qui sont ciblés par une élite dérangée et très puissante. Ils sont tués lors d’un sacrifice rituel ou réduits à la fonction d’outils pour chercher les zones de chevauchement avec une autre dimension. »

« Je ne comprends pas. »

« Je sais que ça fait beaucoup à encaisser. » Mais ces groupes... ils communiquent par le biais de différents podcasts et envoient des messages codés par le biais des médias. Et nous faisons de notre mieux pour les décoder. »

Max ricana. « C’est une sorte de blague ? Des codes dans les médias... C’est ça votre liste ? »

Haddie secoua la tête. « C’est réel. Il y a des gens qui sont en grave danger, et vous pouvez les aider. Vous avez quitté le gouvernement parce qu’ils se moquaient de vous. Ça n’arrivera pas avec nous. Nous savons que ce que vous avez vu était réel. »

Max approcha de la photo de son unité.

« J’ai les noms, les lieux et des fonds illimités à ma disposition, » dit-elle. « L’horloge de crise indique minuit moins douze, très peu d’entre nous sont au courant et j’ai besoin que vous rejoigniez notre équipe, pas la leur. »

« Minutes ? »

« Secondes. Douze secondes. »

« Ces groupes, » demanda Max. « Est-ce qu’ils sont si puissants que ça ? »

« À un point que vous n’imaginez pas. »

Max tendit la main et toucha la photo de son unité. Il suivit ensuite un fil rouge lié à un passage d’un conte d’horreur. De là, un autre fil menait à une série de chiffres, le jour, l’heure et le lieu où les créatures de la brume les avaient attaqués.

Haddie s’éloigna et revint rapidement avec un dossier, et en sortit la photo d’un cimetière abandonné au Chili ainsi que la photo d’un homme. Elle tendit la photo à Max et il la contempla pendant un long moment avant d’accepter de rejoindre son équipe.

Chambre du sang. Des lapins attaquent un randonneur au Colorado.[]

Un randonneur se trouve dans un état critique, après avoir été mordu par une douzaine de lapins échappés de l’Institut de Recherche Acendix, a déclaré un membre des secours ce vendredi. Le randonneur a été mordu à la jambe et au visage à proximité de Misty Lake, a indiqué le garde forestier Steve Downer. L’état de santé du randonneur était inconnu vendredi, mais les docteurs semblent optimistes.

Chambre du sang. La grue rouge. Voile de sang. 1.[]

De nombreux chemins mènent au port où marchands et paysans ont été témoins de l’arrivée incongrue d’un bateau étranger. Dans les villages environnants, on parlait du bateau et de son accostage avec un mélange de colère, de peur et de curiosité. La plupart croyaient que les étrangers étaient ici pour faire circuler des objets de contrebande et piller les précieux artéfacts de leurs terres bien-aimées. De nombreuses personnes croyaient qu’une bande de voleurs échangeait les précieuses trouvailles contre des armes avec ces étrangers. Certains ont même prétendu qu’ils avaient vu ces voleurs en train de charger sur leur bateau des reliques et artéfacts volés aux seigneurs déchus et aux familles nobles.

Saku Nakano se tenait dans le clair de lune, passant en revue ses options. Il y avait la longue route sans danger sur le chemin de terre, et il y avait le raccourci par les bois sombres et mortels où de nombreux villageois avaient été tués par des créatures, dont on disait qu’elles n’étaient pas de ce monde.

Saku ne connaissait que trop bien ces lieux maudits. Au fil des ans, elle avait perdu son clan tout entier dans ces zones couvertes de brume. Dernière membre du Clan de la couronne rouge, elle parcourait désormais la campagne à la recherche de la grande corruption qui affectait son peuple pour terminer ce que son clan avait commencé il y avait de ça plusieurs siècles ?

Les ennemis de son clan, l’Ordre du serpent noir, servaient un serpent à neuf têtes fait d’une brume noire. Ils croyaient que le serpent noir leur donnerait des pouvoirs et des bénédictions au-delà de la compréhension humaine, dans ce monde et le suivant, en échange d’une dévotion absolue. Ils étaient convaincus que le serpent de brume noire était un démon qui s’était glissé dans les zones maudites de ces bois et qu’il créait des portails vers ce qu’ils appelaient Le ventre du serpent, ou simplement Le ventre.

Saku se tourna vers les bois sombres et sentit qu’il renfermait un mal brut. Elle se prépara à entrer, pensant à toutes les conversations qu’elle avait entendues dans les marchés des alentours. Elle se souvint que le marchand découpait et vidait un poisson tout en parlant à une femme qui examinait un sac d’huîtres qu’elle venait de rapporter de la mer. Elle se souvint qu’ils parlaient d’avoir vu des bandits armés de pistolets, de poudre et d’autres armes étranges.

Je me souviens qu’ils avaient mentionné les étrangers, pensa-t-elle. Ils disaient que c’étaient des Hollandais. Ils étaient sur le quai et parlaient couramment japonais avec des marchands inconnus vêtus de kimonos unis à l’exception d’un étrange motif en forme de serpent. Ils décrivaient le symbole comme un serpent à neuf têtes en forme de nœud circulaire qui chassait ses neuf queues. Ils n’ont décrit que quelques marins et la façon dont leur équipage avait péri des suites d’une maladie sans nom durant leur voyage pour franchir l’océan.

Un rire soudain vint interrompre ses pensées.

« Où est votre mari ? »

Un homme vêtu d’un kimono brun uni approchait tout en la regardant de haut en bas sous la lueur de la lune.

Saku soutint son regard, mais n’offrit ni réaction ni réponse.

L’homme plaça doucement sa main sur la poignée de son épée tandis qu’il continuait à la jauger. Elle était grande avec des bras puissants et des yeux noirs perçants. Elle avait de longs cheveux noirs et huilés, rassemblés en une parfaite queue de cheval, repliée en deux et proprement attachée avec une natte rouge et blanche. Elle portait des zori en bois et un simple kimono noir. Une ceinture rouge vif maintenait en place les deux fourreaux de ses épées. Une épée était courte et droite, l’autre était longue et sa pointe courbe.

« Où sont vos papiers ? »

L’homme se rapprocha d’elle avec un semblant de reconnaissance dans les yeux. Il avait entendu des rumeurs d’une Onna-Musha dans un kimono rouge et noir qui parcourait les terres en combattant le mal et qui protégeait ceux qui ne pouvaient se défendre. Ou bien errait-elle à la recherche de justice pour son clan décimé ? Ou bien était-elle à la tête d’un clan de bandits qui volaient et pillaient les villages ?

L’homme ne se souvenait plus très clairement de ce qu’il avait entendu, et il avait oublié le nom de ceux qui l’avaient mentionnée. C’était lié à son clan et à ses origines. Ça, il le savait, mais pas grand-chose de plus. Il aurait fallu qu’il soit plus attentif quand sa femme avait raconté ses nombreuses aventures à ses sœurs.

Mais il avait ignoré la plupart de ces histoires qu’il considérait comme des exagérations, des ragots et des légendes, tout comme cette samouraï que tout le monde qualifiait de démon. Un samouraï démon ne pouvait exister et encore moins une femme samouraï capable de réaliser tous les exploits dont il était fait mention dans les légendes.

Saku inspira profondément et plaça sa main à côté du pommeau de son épée.

« Ne voyez-vous pas que je vous parle ? Où sont vos papiers ? Répondez-moi, fem... »

À une vitesse impossible, Saku tira la lame de son fourreau dans un éclair argenté et le torse de l’homme fut séparé de ses hanches dans une fontaine de sang pourpre qui s’en alla nourrir la terre. La bouche tordue se contracta et cracha de la bile et du sang en essayant de former les mots « Grue rouge ».

Il se souvenait...

Un instant trop tard.

Remettant la lame dans son fourreau, Saku soupira et fit une prière pour la brute. Elle enjamba ensuite son torse mutilé et pénétra dans Le ventre du serpent.



PRUDEMMENT, À PAS FEUTRÉS, Saku avança dans Le ventre, surveillant attentivement de la brume noire qui sinuait entre les arbres sinueux et semblait onduler et changer de forme à chaque pas, comme pour l’intimider.

Ne fais pas un bruit, pensa-t-elle en descendant une pente dans les ombres silencieuses et vers le son des vagues s’écrasant sur les rochers. Elle était proche du quai. Elle pouvait sentir dans l’air les algues, le poisson et le sel.

Mais il y avait autre chose.

Un poids étrange dans l’atmosphère.

En regardant au travers de la canopée, elle vit d’épais nuages se déplaçant dans le ciel. Elle sentit le sol bouger, baissa les yeux et vit ses jambes complètement submergées par la brume environnante. Un instant plus tard, une branche craqua à moins de cinq mètres et elle sut qu’elle n’était plus seule.

Saku ne se mit pas à courir et ne se cacha pas. Elle resta immobile, ferma les yeux, et écouta avec attention les menaces qui approchaient dans la brume noire qui se déplaçait comme si elle était vivante.

Saku savait qu’elle était, aussi difficile à expliquer que ce soit, simultanément entre deux mondes. Et elle savait que des démons et des monstres de l’autre monde chassaient dans ces zones de chevauchement.

Saku avait peu de connaissances sur cet autre monde. Ce qu’elle savait, elle l’avait appris de ses parents. L’Ordre du serpent noir, lui avaient-ils expliqué autrefois, croyait que le serpent de brume noire était une divinité qui engloutissait des gens, des villes, des civilisations et des mondes.

L’Ordre du serpent noir croyait que Le ventre renfermait un sombre savoir et la puissance de tous ces mondes engloutis qui pourraient les aider à mener à l’avènement d’un nouvel âge d’or de paix, de prospérité et d’abondance. Leur dévouement, leur dévotion et leurs meurtres rituels visaient en fin de compte le bien de l’humanité.

Cependant, le Clan de la couronne rouge croyait que la promesse d’un âge d’or n’était qu’une ruse, un leurre pour attirer les proies vers les abysses, qu’il s’agisse de têtards, de poissons ou de baleines.

Avec un profond soupir, Saku sentit que les menaces avaient disparu. Elle ouvrit les yeux et continua d’avancer dans une alternance d’ombre et de lumière tandis que le vent se levait et que la brume s’épaississait. Mais elle s’arrêta soudainement lorsqu’elle entendit un rugissement familier.

Un cri tonitruant qui semblait secouer le monde tout entier.

Cette fois-ci, elle ne ferma pas les yeux.

Elle ne partit pas en courant.

Cette fois, elle s’accroupit sans un bruit au pied d’un arbre en entendant les puissants bruits de pas du samouraï géant dans sa rutilante armure vert et or qui approchait. Elle l’entendit pulvériser arbres et buissons avec son kanabō tandis qu’il la cherchait dans les ombres. Elle savait sans l’avoir vu qu’elle était pourchassée par le samouraï qui avait été corrompu et transformé en démon par le serpent de brume noire.

Sa sœur lui avait raconté de nombreux contes au sujet de ce samouraï. Comment il avait autrefois été un homme d’honneur et de convictions. Comment il avait chassé et exécuté des marchands corrompus et de faux samouraïs. Comment villageois et paysans avaient commencé à le qualifier de démon en raison de ses méthodes violentes. Et enfin, comment il avait été transformé en la chose qu’il haïssait le plus, le monstre décrit dans les histoires.

Le samouraï Oni.

Le même Oni avec lequel sa sœur s’était battue il y a si longtemps, lorsqu’elles s’étaient retrouvées piégées dans la brume. Elle avait fui, pas sa sœur, et tout ce qu’elle désirait désormais, c’était abattre ce démon et lui faire avouer où elle se trouvait.

Mais Saku était trop avisée pour se perdre dans le passé. Elle repoussa le souvenir de sa sœur de ses pensées et retrouva instantanément sa concentration. Elle regarda au travers d’un creux dans les arbres, en direction du quai où elle vit des éclats de lumière orange se détachant sur le mur de ténèbres que représentait la mer. Elle pouvait y arriver. Elle pouvait le semer en arrivant quelque part où il ne pourrait pas la suivre.

Saku regarda par-dessus son épaule et vit le samouraï géant à moins de cinq mètres d’elle. Il était équipé d’une armure rutilante verte et or et portait dans son dos un grand sac de cuir dont coulait un sang épais. Quelques têtes dépassaient du sac et un nuage de mouches voraces l’entourait.

L’Oni fouilla dans les arbres et les branchages. Il n’était désormais plus qu’à trois ou quatre mètres. Soudain, quelque chose surgit d’un buisson, il se lança sur la créature et l’écrasa d’un lourd coup de kanabō, perdant son sac durant l’attaque. Le sac tomba et des dizaines de têtes roulèrent vers elle.

L’une des têtes s’arrêta à ses pieds et la fixa, les yeux écarquillés.

Saku eut le souffle coupé en réalisant qu’il s’agissait de son propre visage. Elle concentra son regard sur les autres têtes dans la brume et se dit qu’elles lui ressemblaient toutes, comme si ce démon samouraï l’avait déjà décapitée de nombreuses fois par le passé.

Tout ça n’avait aucun sens.

Impossible, pensa-t-elle. Ça ne se peut pas. Et pourtant... c’est le cas... Ai-je déjà succombé face au démon par le passé ? Y en a-t-il d’autres comme moi dans le monde des démons ? Mais on dirait... une cicatrice !

Saku observa la tête à ses pieds et remarqua une longue cicatrice sur sa joue. Elle toucha instinctivement la sienne, là où aurait dû se trouver la cicatrice. C’était une preuve qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre, bien qu’elle ne puisse nier l’étrangeté de la ressemblance.

Saku éloigna les mouches et essaya d’atteindre la tête pour l’examiner plus attentivement, mais elle se figea en entendant un hurlement terrifiant, moins de trois mètres derrière elle. D’un mouvement fluide, elle plongea dans un fourré tandis que le kanabō manquait sa cible. Sans perdre un instant, elle se remit sur pieds et pivota juste assez vite pour voir un kanabō ensanglanté et couvert de boyaux de lapin s’abattre sur elle à une vitesse alarmante.

En hâte, elle fit un pas de côté et sortit sa lame de son fourreau. Un instant plus tard, elle coupa le bras du démon dans un rugissement de triomphe. Comme elle savait que le bras repousserait dans la brume, elle se tourna et se rua hors de portée, essayant désespérément d’atteindre la plage. Elle avait déjà vaincu le démon par le passé, mais il avait toujours réussi à se relever indemne afin de poursuivre sa traque.

Il était impossible de vaincre ce démon.

Il ne restait qu’une seule option : la fuite.

Tandis qu’elle fonçait à travers bois, elle se retourna et vit le démon la pourchasser. Elle se força à courir plus vite, encore plus vite, et alors que le démon se ruait à nouveau sur elle, elle plongea entre les arbres pour sortir de la brume afin qu’il ne puisse pas la suivre.

Le démon samouraï s’arrêta soudainement et la dévisagea.

Saku se remit sur pieds, puis essuya le sable, les algues et le sel sur elle. Elle scruta l’orée du bois et vit deux yeux rouges s’estomper dans la nuit. Puis, elle entendit un bruit dans les rochers, suivi d’un clic distinct. Elle se tourna doucement et se retrouva face au canon d’un mousquet sous le clair de lune.

Chambre du sang. La grue rouge. Voile de sang. 2.[]

SAKU REGARDA AU-DELÀ DU PISTOLET et vit un homme aux courts cheveux noirs, vêtu d’un kimono sombre. Il s’approcha d’elle avec un sourire, mais elle ne bougea pas et ne lui offrit pas la satisfaction de flancher. Elle soutint son regard et recula légèrement. Elle regarda ensuite au loin et vit un groupe d’ombres se déplacer à côté des maisons désertes proches du quai. Le petit village avait été abandonné, sans aucun doute en raison de sa proximité avec les bois et les créatures qui rôdaient dans la brume.

L’homme s’éclaircit la gorge et plaça le canon de l’arme à quelques centimètres de son visage.

Saku plongea son regard dans le sien, sans peur ni inquiétude. Son regard se baissa sur ses sandales puis remonta vers ses yeux. « Bouge ! » lui ordonna-t-il, son sourire ignorant s’élargissant. « Je sais qui... »

Un éclat lunaire se produisit soudain et sa tête se détacha de ses épaules avant qu’il ait pu terminer sa phrase.

Saku regarda le sang gicler du corps sans tête dans la fraîcheur de la nuit tandis qu’il titubait et finissait par s’écrouler dans un tas d’algues et de coquillages, dérangeant un crabe nerveux qui se perdit dans la nuit.

Saku saisit son sabre et escalada précautionneusement la formation rocheuse afin d’atteindre le petit village où les brutes du serpent noir montaient la garde pour empêcher qui que ce soit d’interférer avec leurs sombres rituels et leurs négociations secrètes.

Elle se déplaça silencieusement parmi les ombres, longeant les murs d’une maison. Elle se figea en entendant des bruits de pas approcher. Elle se plaça lentement dos au mur et attendit. Elle jeta un coup d’œil au coin et vit deux malfrats qui se racontaient des histoires au sujet du démon samouraï.

Elle s’accroupit puis, comme une tigresse, sauta dans les airs et transperça leurs deux têtes d’un seul coup d’épée. Ils tressautèrent violemment quand elle retira la lame de leurs crânes.

Elle prit un moment pour étudier la zone, puis se dirigea sans bruit vers le quai où trois autres hommes riaient et plaisantaient au sujet d’un étrange alcool rouge qu’ils avaient partagé avec les étrangers.

Elle resserra la prise sur son sabre et se dirigea vers eux, ses foulées rapides et silencieuses lui donnaient l’air de glisser. Alors que l’un des hommes se retournait, il croisa son regard tandis qu’elle fondait sur eux à la vitesse de l’éclair et...

Trois corps décapités titubèrent de façon ridicule dans les ombres et s’écroulèrent les uns sur les autres dans une gerbe de sang qui contrasta avec la blanche lueur de la lune.

Essuyant le sang chaud sur son visage, elle escalada quelques caisses, passa au-delà d’un amas de filets de pêche et s’accroupit sur la passerelle. Elle écouta attentivement les bruits de mouvement et entendit des pas juste au-dessus, dans le bateau.

Lorsque les bruits de pas cessèrent, elle se déplaça en silence sur la passerelle et s’arrêta pour analyser le bateau. Elle repéra un homme assis les jambes croisées sur une caisse. À côté de lui se trouvaient d’autres caisses, frappées du logo VOC et du nom de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

Avec précaution, Saku monta sur le bateau et se dirigea vers la brute. Mais alors qu’elle se préparait à bondir, elle entendit un clic, suivi d’un son très aigu. Il lui fallut moins d’un instant pour comprendre qu’on l’avait attirée dans un piège, mais il était déjà trop tard.

Avant que Saku ait le temps de réagir, elle sentit le poids d’un filet s’abattre sur elle tandis que des dizaines d’hommes l’encerclaient, arborant un regard mauvais. Elle vit ensuite l’homme assis, le chef du groupe, se tourner vers elle.

Il sourit, se releva vivement et se mit à rire. « On avait bien pensé que tu viendrais ! » dit-il en s’approchant. Il fit un vif geste de la main et les hommes pointèrent immédiatement leurs armes sur elle. « Tu as été pas mal occupée à interférer avec nos travaux. »

Elle ne répondit pas, mais poussa et tira un peu le filet pour évaluer sa résistance. Elle le fixa en réalisant qu’il ne s’agissait pas d’un simple coup de chance de leur part. L’Ordre du serpent noir l’avait suivie et avait désormais réussi à la capturer. Le chef secoua la tête en la regardant.

« Ton clan est détruit. Ton arme est inutile et obsolète. Tu es en infériorité numérique, piégée et tu penses encore pouvoir accomplir l’impossible. »

Ce sera difficile, pensa-t-elle. Mais pas impossible. J’ai déjà été dans des situations bien pires et je m’en suis sortie.

Saku se rapprocha du chef tandis qu’il lui souriait. Elle croyait que son hésitation à la tuer était une preuve qu’ils la voulaient vivante pour leurs rituels.

Le chef fit un geste et tous les hommes éclatèrent de rire.

Saku serra les dents et étudia les hommes alors qu’ils approchaient de toutes les directions. Elle regarda les yeux noirs perçants du chef et vit tous les mensonges et les traîtrises de l’Ordre du serpent noir. Ensuite, par-delà ses yeux, elle se vit triompher face à son ennemi, bondissant d’homme en homme, les tranchant de sa lame comme de vulgaires mauvaises herbes.

Soudain, le chef qui crachait des ordres la ramena à la réalité. Les hommes s’approchèrent avec d’horribles sourires déformés, le regard nerveux.

« Rends-toi sans faire d’histoires, » dit le chef sans émotion. « Et tu rejoindras vite ton clan... même s’ils n’avaient rien compris du tout. »

Saku comprit ce qu’il voulait dire.

Il croyait que leurs rituels ouvriraient un portail vers un royaume sans nom où ils étaient censés être prisonniers et maudits, forcés de vivre un cycle éternel de vie et de mort pour des raisons dépassant la compréhension.

Saku ne savait que croire. Ce qu’elle savait, c’était qu’elle ne pouvait pas leur offrir la satisfaction de la sacrifier dans un rituel à la gloire de la sombre divinité qu’ils servaient et qu’elle s’était promise de détruire. Il y a bien longtemps de ça, en tant que membre du Clan de la couronne rouge, elle avait prêté serment de purifier le monde de la corruption que représentait l’Ordre du serpent noir, et elle comptait l’honorer.

Grâce à la force et à la puissance de ses ancêtres qui coulait dans ses veines, Saku fonça vers l’avant, sa main s’extirpant du filet. Ses doigts puissants saisirent le chef par le col de son kimono et elle l’attira vers elle. Ensuite, en l’utilisant comme bouclier humain, elle tourbillonna tandis que pleuvaient les balles, qui percèrent, son ventre, son torse et son crâne.

Au travers de la fumée des mousquets, elle distinguait les hommes qui rechargeaient. Sans un moment à perdre, elle jeta son bouclier humain en lambeaux au sol et, avec difficulté, elle trancha le filet avec sa lame. Quelques instants plus tard, elle n’était plus qu’une tornade de mort et de destruction, bondissant d’homme en homme tandis que le sifflement de sa lame repeignait le pont du bateau en rouge.

Les hommes ne savaient pas quoi faire. Ils étaient trop sonnés pour réagir. C’était comme combattre un fantôme, une ombre monstrueuse, une brume informe avec des sabres en guise de griffes. Leurs futiles tentatives pour parer ses attaques avec des pistolets échouèrent toutes tandis que leurs membres tombaient et que leurs têtes roulaient.

C’était un horrible cauchemar. Comme si, par une sordide ironie du sort, le Clan de la grue rouge tirait sa puissance du serpent de brume et qu’elle était devenue une servante de la même noirceur qu’elle avait juré de combattre et d’éliminer.

Lorsque le dernier homme s’écroula, Saku se retrouva seule, au milieu du carnage et entourée de sang. Elle respira la puanteur de la poudre tandis que son regard descendait lentement, jusqu’à se poser sur l’un des hommes, rampant comme un ver. Elle lui avait coupé les jambes au niveau des genoux et il tentait de fuir en rampant sur des coudes mal assurés qui glissaient à chacune de ses tentatives pour avancer dans cette mare de sang.

Essuyant le sang et les boyaux de son visage et de son kimono, elle lui bloqua la route et s’accroupit face à lui. L’homme leva les yeux, qu’il écarquilla en la voyant. De sa gorge sortit un gémissement de terreur qui se changea en un cri suraigu tandis qu’elle levait son arme pour mettre fin à son service auprès de l’Ordre du serpent noir.

Saku se leva lentement et, alors qu’elle fouillait le bateau, elle repéra un ensemble de lampes à huile qui illuminaient le dessus d’une caisse. Avec une détermination sans faille, elle se fraya un chemin parmi les corps et donna un coup de pied dans la caisse. Les lampes tombèrent et se brisèrent sur le quai de bois en contrebas.

Elles crachèrent leur feu liquide et les flammes engloutirent le quai et la chaloupe. Ensuite, en s’éloignant du bateau en flammes, Saku pensa à tout ce qui venait de lui arriver.

Piégée. Comment savaient-ils qu’elle venait s’occuper d’eux ? Comment avait-elle pu mordre à l’hameçon ? Comment avait-elle été si facilement leurrée ?

Assez. Les guerriers ne perdent pas de temps à se demander ce qui aurait pu se passer ou ce qu’ils auraient pu faire. Ce qui compte désormais, c’est le présent et de prendre la bonne décision.

Et maintenant, où aller ?

Elle n’arrivait pas à réfléchir.

Malgré tout son entraînement, une flamme de colère brûlait en Saku du fait de son imprudence et de ses erreurs. Cependant, elle retint sa frustration et sut qu’elle n’en tirerait rien. La colère ne ferait qu’obscurcir son jugement et lui faire perdre du temps. Elle avait besoin de garder son calme parce que...

Ses amis et sa famille ne pouvaient pas avoir péri en vain. Parce qu’elle était la dernière survivante de son clan. Parce que l’Ordre du serpent noir devait être arrêté. Parce qu’elle était l’espoir de tous ceux qui croyaient qu’elle viendrait à bout des ombres sur ses terres. Parce qu’elle était...

La grue rouge.

Arcus 41[]

Les croquis du Concepteur fou sont absurdes, mais ils sont néanmoins divertissants. Je viens de consulter des centaines d'esquisses de monstres et de tueurs en tenue de golf et en costume. Ils n’ont aucun sens, et pourtant j’ai accroché certaines de ces illustrations absurdes dans mon bureau. Ils n’ont aucun intérêt pour mon enquête, mais ils me donnent le sourire, ils me font même rire, et c’est peut-être suffisant. Peut-être que m’aider à oublier les horreurs de cet endroit, même pour un instant, transforme l’absurdité de ces croquis en une sorte de remède. Bien que je sois offusqué du manque complet de considération du Concepteur fou pour ces personnages... Je ne peux pas m’empêcher de fouiller la Chambre du sang à la recherche d’autres illustrations de l’Empereur Dwight. Jusqu’ici, ce sont mes préférées.

Arcus 8542[]

Les créatures se déplacent dans la brume, m’épiant sans toutefois m’attaquer. Elles attendent le moment idéal, qui n’arrivera jamais, parce que j’ai barricadé toutes les portes et fenêtres et que je me suis entraîné aux techniques de combat avec mon fer 9. J’ai aperçu brièvement leurs silhouettes, qui semblent en mutation constante, comme si elles imitaient tous les monstres présents dans mes histoires favorites. C’est comme si le brouillard était une extension des sombres recoins de mon imagination et de mes peurs. J’appelle ces horribles choses... les créatures de la brume.

Chambre du sang. Déjàvuisme.[]

C’était un club de lecture et ils débâtaient de la plus récente nouvelle d’Edwin Cain ainsi que de l’interview que l’auteur avait donnée et où il abordait un concept qu’il avait nommé le Déjàvuisme. Il avançait la théorie que nos cerveaux sont des ordinateurs biologiques quantiques avec de grandes capacités de mise en réseau dépassant notre compréhension des lois de la physique. Cain croyait que nos ordinateurs quantiques pouvaient se connecter à d’autres êtres sur des fréquences similaires du multivers comme une sorte de téléphone portable interdimensionnel. Les membres du club discutaient de ces théories et des voix intérieures qu’ils entendaient parfois et qu’ils considéraient comme une autre version d’eux-mêmes, leur donnant des conseils depuis une autre époque ou un autre lieu. Ils commencèrent à se raconter des histoires au sujet d’instincts, de ressentis et d’expériences de déjà-vu qui semblaient bien trop réelles. Un seul sceptique balaya l’idée du multivers de la main. Il trouvait que l’idée était ridicule et sonnait comme un mauvais comics, et il ricanait à la simple mention du fait que nos cerveaux étaient des ordinateurs multidimensionnels connectés qui recevaient des idées envoyées depuis l’éther.

Une femme s’exclama :

« Ça pourrait être vrai. Une telle théorie nous aiderait à comprendre pourquoi les idées semblent nous parvenir en groupe et pourquoi tant d’idées similaires apparaissent dans le monde à peu près en même temps. Qui sommes-nous pour affirmer que nous ne puisons pas tous dans le même flux d’idées ? »

Le sceptique répondit :

« C’est juste une coïncidence. C’est tout ce que c’est quand plein de gens provenant d’endroits différents ont des idées similaires. Et les coïncidences n’ont rien à voir avec le multivers ou d’autres versions de nous-mêmes dans l’univers. »

Un autre homme secoua la tête et dit :

« Je ne suis pas vraiment d’accord. Il existe des choses qu’on ne comprend pas, et j’ai lu récemment que le Wi-Fi et les téléphones portables venaient d’un groupe de scientifiques qui essayaient de comprendre le fonctionnement d’une glande de notre cerveau. Une glande bioluminescente qui semble attendre un signal. Évidemment, ça pourrait être de la désinformation, mais ce qui est vrai, et ce que croient de nombreuses cultures, c’est que les artistes peuvent puiser leur inspiration hors de ce monde. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que Cain expliquait que ces visions n’étaient accessibles qu’à ceux ayant vécu un traumatisme dans leur enfance, ceux qui avaient été harcelés, battus, violés, rejetés... ceux qui avaient appris à s’échapper de la réalité pour se protéger afin de vivre dans d’autres réalités. »

Une femme ajouta :

« La porte du monde physique se ferme, la porte d’un autre monde s’ouvre. »

Le sceptique rit et était sur le point de répondre lorsqu’une autre femme, rêvant de devenir écrivaine, l’interrompit et dit :

« J’ai des rêves et des visions, et c’est toujours le même endroit. L’un des rêves qui reviennent souvent concerne Romulus et comment il fut englouti par un grand nuage noir et emmené dans ce sombre royaume où il était pourchassé par une créature monstrueuse... un monstre qui ne pouvait pas exister. Ce qui est étrange, c’est qu’il n’est pas seul. Il n’est pas le seul à être pourchassé. Il y a un motard et deux autres hommes écossais. Je pensais que c’étaient des marins, mais ensuite, j’ai eu un autre rêve qui m’a expliqué qu’ils étaient des gardiens de phare. J’ai fait des recherches et je pourrais jurer que le motard que j’ai vu était Yui Kimura, celui qui a disparu il y a quelques années. »

Le sceptique rit et dit :

« Et donc, l’Empereur de Rome n’aurait pas été assassiné par ses généraux, mais serait coincé dans une sorte de monde torturé avec Yui Kimura et deux gardiens de phare. Et pour vous, donc, c’est réel. Romulus et Yui tentent d’échapper à un monstre pendant que nous buvons du thé et du café et parlons de livres et de leurs auteurs. C’est ce que vous avancez comme étant quelque chose de possible ? Quelque chose de raisonnable que nous devrions croire ? »

Une femme dit :

« Ça semble un peu étrange. Mais il y a peut-être des éléments dans le cosmos qui dépassent la raison ou la science. »

Une autre femme fit un grand sourire à la future écrivaine et dit :

« Peu importe si c’est vrai, vous devriez écrire une histoire pour votre blog ou votre prochain spectacle. Je crois que ça pourrait être vraiment amusant, même si cela implique une suspension d’incrédulité. »

La future écrivaine sourit et répondit :

« À dire vrai, j’ai déjà une ébauche sur laquelle je travaille, que j’aimerais partager avec le groupe avant de la publier. Je ne suis pas encore bien sûre de pouvoir la présenter, car c’est une histoire compliquée et désordonnée, mais vous pourrez peut-être m’aider à trouver le moyen de lui donner une certaine dynamique et de la simplifier. »

Tout le monde hocha la tête avec enthousiasme, à l’exception du sceptique de service qui faisait les gros yeux.

La narratrice saisit un carnet de notes taché de café, l’ouvrant sur une histoire encore sans titre. Elle respira profondément et calmement avant de commencer :

« Cette histoire n’a pas de titre, mais je pense l’appeler La tragédie de Cliff et Alex, deux personnes réelles qui ont disparu avant la naissance de la plupart d’entre nous. Personnellement, je ne suis pas du genre à croire aux théories de la conspiration ou aux légendes urbaines, mais leur histoire, obtenue après de nombreuses interviews et d’intenses recherches, m’a fait envisager l’idée qu’il peut y avoir autre chose derrière nos vies que ce que nous sommes capables de voir ou démontrer. »

Le sceptique lança malicieusement :

« Eh bien, comme c’est pratique, pas vrai ? »

La narratrice ignora son commentaire et continua :

« Par exemple, l’amour existe et cesse d’exister à partir du moment où nous cédons aux preuves et à l’évidence. Dès que l’on commence à douter… dès qu’il y a un besoin de preuve… l’amour est mort. Et malgré cela, on sait bien que l’amour est réel. Et l’on sait parfaitement que l’amour est quelque chose d’insensé. C’est quelque chose de puissant... Qui nous fait perdre la tête. Et l’on déteste de ne pas pouvoir le définir. L’amour existe et il n’a pas besoin d’être démontré de quelconque manière pour être réel », la narratrice effectuant un geste exagéré pour saisir quelque chose d’invisible... « et malgré cela, dès que l’on tente de le saisir, il s’effrite au contact. »

Cliff Barra adorait les films d’horreur. Il avait commencé à tourner des films d’horreur quand son père lui avait acheté sa première caméra Super 8. Ce n’est donc pas une surprise d’apprendre qu’il devint un célèbre réalisateur capable de retranscrire ses romans gothiques et ses histoires d’horreur préférés sur grand écran. Il n’est donc pas non plus surprenant que le jour où il rencontra Alex Damaro, un directeur artistique tout aussi célèbre, connu pour ses décors et costumes riches et visionnaires, ce fut le coup de foudre au premier regard. Ensemble, on peut facilement affirmer qu’ils produisirent certains des films les plus terrifiants et emblématiques à ce jour. Mais tout cela changea quand Alex disparut soudainement d’un tournage au milieu d’un nuage de brume noire déferlant que l’équipe affirma ne pas avoir conçu.

À partir de ce jour, les films cessèrent. Une profonde tristesse frappa Cliff qui se retrouvait confronté à l’horreur de ne jamais revoir Alex. Il renonça à ses amis, sa carrière, sa vie, et devint obsédé par l’idée de découvrir ce qui était arrivé à Alex. Ses études sur cette étrange brume le menèrent jusqu’à un groupe de personnes recherchant des êtres chers portés disparus. Avec ce groupe, il apprit l’existence de sectes et de sociétés secrètes qui comprenaient la brume noire et son étrange royaume d’origine. Il approfondit ses recherches, découvrant que son ancien plateau de tournage n’était pas hanté comme tout le monde le disait… mais qu’il s’agissait d’une sorte de porte… un passage vers un autre royaume. Il retourna donc sur le plateau de tournage hanté où Alex avait disparu et il patienta… encore et encore… pendant des jours, jusqu’à ce qu’il entende le rire d’Alex, et avec son rire vint la brume. La brume l’enveloppa avant de l’emporter.

Cliff se retrouva alors dans un autre monde qui défiait ses cauchemars les plus fous. Il suivit la voix d’Alex au travers d’une obscurité qui n’avait jamais vu la lumière du jour. Au bout d’un moment, il tomba sur une forêt de pieux de bois recouverts de têtes empalées. Il se glissa entre les pieux, observant chacune des têtes. La scène lui rappelait l’un des premiers films qu’il avait faits quand il était encore un adolescent. Il tomba bientôt sur une tête qui ressemblait à un de ses vieux amis réalisateurs. Soudain, ses yeux s’ouvrirent et Cliff sursauta. C’est alors que toutes les têtes s’animèrent, le provoquant et se moquant de lui, comme il l’avait été enfant pour ses passions et ses hobbies.

Mais Cliff tint le coup malgré les insultes et les provocations lui disant qu’il ne reverrait jamais Alex. Une des têtes hurlait encore plus que les autres. La tête hurlait qu’Alex était en train d’être corrompu et qu’il ferait mieux de rebrousser chemin avant qu’il ne soit trop tard. Réalisant que cette tête décapitée en savait plus que les autres, Cliff frappa le pieu du pied et attrapa la tête au vol. La tête protesta et hurla qu’elle était autrefois un roi et qu’elle ne voulait pas se retrouver entre les mains d’un roturier. Cliff promit au roi de le libérer dès qu’il l’aurait aidé à retrouver Alex.

Pour faire court, la tête mena Cliff jusqu’à une porte gigantesque qui entourait une ville ressemblant au plateau de production qu’Alex avait conçu pour Cliff. Avant de pouvoir assimiler ce qu’il voyait, il entendit Alex crier au loin. Le roi avertit Cliff de ne pas interférer avec le processus et il lui expliqua qu’Alex était en train d’être perverti et torturé en un monstre violent et meurtrier pour des raisons qu’ils ne pouvaient comprendre.

Mais Cliff ne supportait pas d’entendre Alex souffrir. Chaque cri d’agonie était comme un coup de poignard au cœur. Il lâcha donc la tête, puis escalada la porte avant de suivre les cris, impassible face aux créatures informes qui se déplaçaient dans la brume, jusqu’au sommet d’un château qu’il reconnut comme étant celui de son film de Frankenstein. Cliff se précipita dans les escaliers en colimaçon jusqu’au toit, où il découvrit Alex agonisant sur une table en métal, les éclairs d’un épais nuage noir le frappant par intervalles. Tout autour de lui, dans des prisons de verre remplies de formaldéhyde se trouvaient tous les monstres qu’Alex avait conçus depuis son enfance. Cliff n’en croyait pas ses yeux. C’était comme si ce cauchemar vivant était une projection de leurs souvenirs combinés.

Cliff ne tenta même pas comprendre ce qu’il se passait ou ce qu’il était en train de vivre. Sans la moindre hésitation, il se précipita aux côtés d’Alex sans savoir quoi faire. Au cœur des ombres, il vit une hache sur le sol de pavés et il s’en empara immédiatement. Puis, malgré la foudre mortelle, il ignora la douleur crépitante pour frapper les chaînes qui retenaient Alex sur la table. À peine conscient, Alex ouvrit les yeux avec difficulté. Il reconnut vaguement Cliff. Alex plissa les yeux, les paupières calcinées, et parvint à murmurer des paroles qui redonnèrent le sourire à Cliff. Cliff chargea alors Alex sur ses épaules et se précipita au bas des escaliers et hors de la brume qui s’épaississait et dans laquelle des créatures frénétiques informes faisaient tout leur possible pour les empêcher de s’échapper.

Cliff frappait du poing et du pied, chargeant au travers de la brume, fracassant créatures, corbeaux et griffes, tout ce que ce monde lui envoyait. Il se souvint que le roi avait mentionné une trappe qui le mènerait à la liberté. Désespérément, Cliff fouilla à terre quand il entendit un rugissement suivi d’un coup de tonnerre. Le martèlement de pas le poursuivait dans l’obscurité. Il ne se préoccupa même pas de regarder derrière lui. Il se précipita en avant jusqu’au moment où il le vit ! Le reflet métallique d’une statue de gargouille croulante de l’un de ses films. Il courut jusqu’à la trappe, l’ouvrit et fit descendre Alex à l’abri. Puis, alors qu’il allait s’y glisser à son tour, quelque chose d’affilé comme des serres l’agrippa par les chevilles et l’emporta dans la brume déchaînée !

« J’aimerais pouvoir vous dire que tout est bien qui finit bien et qu’ils vécurent heureux. Mais ce n’est pas la vérité de cette histoire. La vérité, c’est que Cliff prit la place d’Alex sur la table de torture et qu’il fut transformé en parfait champion de l’horreur avec peu voire aucun souvenir de sa vie passée ou de son arrivée dans ce sombre royaume. Et Alex… eh bien… Il se retrouva avec un groupe d’âmes perdues qui faisaient tout leur possible pour survivre. Mais c’est là une autre histoire pour une autre fois. Je dirai simplement que l’amour tourmente n’importe qui, tirant le meilleur et le pire de chacun de nous quand on s’y attend le moins. »

La narratrice termina et tous se taisaient, gênés, songeant à ce qu’ils avaient sacrifié par amour et ce qu’ils étaient encore prêts à y sacrifier. Mais pas le sceptique. Non, le sceptique ressassait l’histoire encore et encore dans sa tête, à la recherche de la moindre faille. Enfin, il sortit de son silence, lui demandant :

« Qu’est-il arrivé à la tête ? La tête qui parle ? Cliff a lâché la tête du roi et on n’en entend plus du tout parler. L’histoire semble incomplète. »

Une femme laissa alors échapper :

« Qui se fiche de la putain de tête ? C’est une histoire d’amour ! »

Le sceptique ajouta :

« Je doute aussi de votre emploi \"d’effriter\". »

La narratrice sourit et répondit poliment :

« Je n’ai pas fini l’histoire et les idées continuent de surgir pendant mes rêves. Je les note dans mes carnets et je relirai la version actuelle plus en détail pour voir s’il est essentiel de faire quoi que ce soit d’autre avec la tête qui parle. »

Une autre femme dit :

« Toute cette horreur, mais dans quel but ? Pour finir corrompu et torturé, transformé en une abomination encore pire que tout ce qu’il avait filmé. J’ai tellement de peine pour lui. »

Un homme dit :

« Pas moi. Ce n’est pas que je n’aime pas le personnage, mais parce que c’est le genre de choses qu’on fait par amour, l’horrible et le magnifique, l’amère et le sucré, l’euphorie et la folie... », avant de se perdre un instant dans un souvenir... « L’amour corrompt et tourmente. Et je suis sûr qu’il n’y a rien que puisse faire ce sombre monde à quiconque qui surpasserait le tourment de ne pas savoir ce qu’il est arrivé à un être cher… ou pire encore… le regret de savoir ce qu’il s’est passé et de n’avoir rien fait. »

Un autre homme dit :

« Eh bien, j’espère que vous publierez cette histoire sur votre blog. Ça me brise le cœur, c’est vraiment terrifiant… vous croyez que c’est vraiment ce qui est arrivé aux véritables Cliff et Alex. »

La narratrice haussa les épaules, refermant son carnet de notes et se préparant à partir. Elle n’était plus sûre de ce qu’elle croyait réellement.

Le sceptique rit et dit :

« Je vais vous dire ce que je pense. Je crois que les véritables Cliff et Alex ont falsifié leur disparition pour sortir du feu des projecteurs, et qu’ils ont déménagé loin de tous et de tout, pour vivre heureux sur une superbe île exotique où ils se gavent de raisin et de margaritas. »

L’homme dit :

« Eh bien, j’espère que vous avez raison et que ce n’est qu’une histoire. Dans le cas contraire… j’espère qu’Alex pourra un jour faire pour Cliff ce qu’il a fait pour lui. »

Une femme dit :

« Ça laisse songeur... Et si les personnages des livres qu’on lit existaient réellement quelque part ? »

Une autre femme dit :

« Une histoire dans ce monde, la réalité dans un autre. »

La narratrice se leva, sourit aux membres du club de lecture, puis s’excusa, car elle commençait sa journée de travail au café plus tôt que d’habitude. Tous la saluèrent, la regardant s’éloigner et disparaître derrière la porte, puis reprirent leur conversation à propos d’Edwin Cain, du Déjàvuisme, et de l’histoire qu’ils venaient d’entendre.

Vidéo[]

Cette vidéo est débloquée après avoir complété tout les Défis de Maître avec ces Entrées de Journal, Histoires et Notes.

Glyphes[]

Article principal: Glyphe Blanc

Glyphe Blanc[]

  • Tome 10 - SAW a introduit les défis Glyphe Blanc.
    Après avoir sélectionné le défi Garde de Glyphes, un Glyphe BlancChallengeIcon purpleGlyphChallengeIcon purpleGlyphChallengeIcon purpleGlyph apparaît dans le Terrain de l'Épreuve et a besoin d'être communié avec pour obtenir le Miroir de PocheIconItems pocketMirrorIconItems pocketMirrorIconItems pocketMirror fragile qui doit être transporté jusqu'à l'intérieur de la CaveIconHelp basementIconHelp basementIconHelp basement sans le briser afin de compléter ce Défi.
    • Le défi Garde de Glyphes n'est disponible qu'aux Survivants.

Défis[]

Niveau 1[]

Défi Tâche Personnage Récompenses à l'achèvement
RiftFragments BloodpointsIcon2 IconHelp archivesCollection
DÉFIS RÉGULIERS
Tous les moyens sont bons Étourdissez le tueur 4 fois. ChallengeIcon survivor 3 15,000
Et la lumière fut Réparez un total de 4 Générateurs. ChallengeIcon survivor 3 15,000
Libérateur Décrochez 8 Survivants.
Le décrochage doit être sécurisé.
ChallengeIcon survivor 3 15,000
Intérêt médical Épuisez 2 Trousses de soins. ChallengeIcon survivor 3 15,000
Acte de foi Pendant une poursuite, sautez 6 fois par une fenêtre ou au-dessus d'une palette. ChallengeIcon survivor 3 15,000
Vertu héroïque Survivez pendant que 8 autres survivants s'échappent de la partie.
Vous devez y rester pendant leur fuite.
ChallengeIcon survivor 3 15,000
Le dernier endroit où chercher Déverrouillez 4 Coffres. ChallengeIcon survivor 3 15,000
Ambition du chasseur Commencez une poursuite avec 8 Survivants différents. ChallengeIcon killer 3 15,000
Révérencieux Sacrifiez 6 Survivants à l'Entité. ChallengeIcon killer 3 15,000
Poursuite mortelle Poursuivez les survivants pendant 120 secondes au total. ChallengeIcon killer 3 15,000
Récompenses sanglantes Gagnez 50,000 Points de sang. ChallengeIcon survivorKiller 3 15,000
Repoussant Suspendez 12 Survivants à un crochet. ChallengeIcon killer 3 15,000
Tombez ou trancher Effectuez 10 fois l'action correspondante en tant que survivant ou en tant que tueur:
  • Lâchez une palette pendant une poursuite avec le tueur.
  • Briser une palette.
ChallengeIcon survivorKiller 3 15,000
Bien sanglant Frappez 10 fois un survivant avec votre arme. ChallengeIcon killer 3 15,000
Entrepôt de ferraille Endommagez 12 Générateurs. ChallengeIcon killer 3 15,000
Habileté supérieure Obtenez un résultat Excellent lors de 3 Tests d'habileté. ChallengeIcon survivor 3 15,000
DÉFIS DE MAÎTRE
Bien mieux ! Soignez complètement 1 État de santé d'un autre survivant. ChallengeIcon survivor 5 25,000 IconHelp archivesLog
Pendez-les haut Sacrifiez 2 Survivants en utilisant la compétence Crochet Flagellateur : Coup du PenduIconPerks scourgeHookHangmansTrickIconPerks scourgeHookHangmansTrickIconPerks scourgeHookHangmansTrick. ChallengeIcon killer 5 25,000 IconHelp archivesLog
Surprise ! Avec Le Cochon, frappez 2 Survivant avec une Embuscade rapide. IconHelpLoading pig 5 25,000 IconHelp archivesLog
Jeux mortels Avec Le Cochon, posez 4 Pièges à ours inversés sur des survivants. IconHelpLoading pig 5 25,000 IconHelp archivesLog
Tactiques tenaces Échappez-vous de 1 Partie en utilisant la compétence TénacitéIconPerks tenacityIconPerks tenacityIconPerks tenacity. ChallengeIcon survivor 5 25,000 IconHelp archivesLog
Reconnaissance risquée Avec Inspecteur Tapp, cachez-vous à moins de 10 mètres du tueur sans vous faire prendre pendant un total de 20 secondes. SurvivorTapp 5 25,000 IconHelp archivesLog
DÉFIS GLYPHE
Chercheur de glyphes Communiez avec 2 Glyphes Rouges. ChallengeIcon redGlyph ChallengeIcon glyph 5 25,000
Garde de glyphes Communiez avec 1 Glyphe Blanc. ChallengeIcon whiteGlyph ChallengeIcon glyph 5 25,000


Charme de Fin de Niveau[]

Icône Nom Rareté Description
JU 001 Œuf d'arachnide Insolite C'est là que commence l'infestation.

Niveau 2[]

Défi Tâche Personnage Récompenses à l'achèvement
RiftFragments BloodpointsIcon2 IconHelp archivesCollection
DÉFIS RÉGULIERS
Poursuite mortelle Poursuivez les survivants pendant 240 secondes au total. ChallengeIcon killer 3 25,000
Soins en coopération Soignez un total de 4 États de santé en coopérant avec des survivants. ChallengeIcon survivor 3 25,000
K.-O. Abattez 12 Survivants. ChallengeIcon killer 3 25,000
Gestion de la colère Détruisez 15 Palettes lâchées. ChallengeIcon killer 3 25,000
Âge d'or Gagnez 8 Emblèmes de qualité Or ou supérieure. ChallengeIcon survivorKiller 3 25,000
Par tous les moyens Lâchez 8 Palettes pendant une poursuite avec le tueur. ChallengeIcon survivor 3 25,000
Issue Échappez à 4 Poursuites. ChallengeIcon survivor 3 25,000
Sombre obsession Suspendez l'obsession à un crochet 6 fois. ChallengeIcon killer 3 25,000
Amitié réelle Décrochez un survivant de manière sécurisée ou subissez un coup de protection 15 fois. ChallengeIcon survivor 3 25,000
Chevilles douloureuses Tombez de haut 3 fois pendant une poursuite. ChallengeIcon survivor 3 25,000
Exécution Tuez 4 Survivants par n'importe quel moyen. ChallengeIcon killer 3 25,000
Mécano Épuisez 5 Boîtes à outils. ChallengeIcon survivor 3 25,000
La guilde de l'ingénieur Réparez un total de 4 Générateurs en coopérant avec d'autres survivants. ChallengeIcon survivor 3 25,000
DÉFIS DE MAÎTRE
Générer la peur Avec Le Cochon, frappez 1 Survivant avec une Embuscade rapide à moins de 10 mètres d'un générateur. IconHelpLoading pig 5 35,000 IconHelp archivesLog
Suivre son instinct Finissez de réparer 1 Générateur, purifiez 1 Totem et ouvrez 1 Coffre à l'aide de la compétence Intuition de l'InspecteurIconPerks detectivesHunchIconPerks detectivesHunchIconPerks detectivesHunch. ChallengeIcon survivor 5 35,000 IconHelp archivesLog
Œil vigilant Endommagez 3 Générateurs différents en utilisant la compétence SurveillanceIconPerks surveillanceIconPerks surveillanceIconPerks surveillance. ChallengeIcon killer 5 35,000 IconHelp archivesLog
Gardien Terminez une partie sans qu'aucun survivant ne s'échappe par les portes de sortie. ChallengeIcon killer 5 35,000 IconHelp archivesLog
Choix violent Frappez 3 fois un survivant souffrant de l'Effet de Statut À DécouvertIconStatusEffects exposedIconStatusEffects exposedIconStatusEffects exposed avec votre arme à l'aide de la compétence Fais ton ChoixIconPerks makeYourChoiceIconPerks makeYourChoiceIconPerks makeYourChoice. ChallengeIcon killer 5 35,000 IconHelp archivesLog
Coureur de fond Soyez poursuivi par le tueur pendant 90 secondes au total. ChallengeIcon survivor 5 35,000 IconHelp archivesLog
Arrêté net Étourdissez ou aveuglez le tueur 3 fois. ChallengeIcon survivor 5 35,000 IconHelp archivesLog
DÉFIS GLYPHE
Diplômé en glyphes Communiez avec 2 Glyphes Jaunes. ChallengeIcon yellowGlyph ChallengeIcon glyph 5 35,000
Chercheur de glyphes Communiez avec 3 Glyphes Rouges. ChallengeIcon redGlyph ChallengeIcon glyph 5 35,000


Charme de Fin de Niveau[]

Icône Nom Rareté Description
JU 002 Jeune arachnide Rare De l'œuf en forme de cocon émergent des pattes sèches et grêles.

Niveau 3[]

Défi Tâche Personnage Récompenses à l'achèvement
RiftFragments BloodpointsIcon2 IconHelp archivesCollection
DÉFIS RÉGULIERS
Libérateur Décrochez 12 Survivants.
Le décrochage doit être sécurisé.
ChallengeIcon survivor 3 30,000
Donneur de vie Soignez un total de 8 États de santé d'un autre survivant. ChallengeIcon survivor 3 30,000
Et la lumière fut Réparez un total de 12 Générateurs. ChallengeIcon survivor 3 30,000
Alliance stratégique Effectuez une action coopérative pendant 240 secondes. ChallengeIcon survivor 3 30,000
Tomber ou trancher Effectuez 15 fois au total l'action correspondante en tant que survivant ou en tant que tueur:
  • Lâchez une palette pendant une poursuite avec le tueur.
  • Brisez une palette.
ChallengeIcon survivorKiller 3 30,000
Le dernier endroit où chercher Déverrouillez 10 Coffres. ChallengeIcon survivor 3 30,000
Vertu héroïque Survivez pendant que 6 Survivants s'échappent de la partie.
Vous devez y rester pendant leur fuite.
ChallengeIcon survivor 3 30,000
Âge d'or Gagnez 12 Emblèmes de qualité Or ou supérieure. ChallengeIcon survivorKiller 3 30,000
Ambition du chasseur Commencez une poursuite avec 16 Survivants différents. ChallengeIcon killer 3 30,000
K.-O. Abattez 20 Survivants. ChallengeIcon killer 3 30,000
Exécution Tuez 12 Survivants par n'importe quel moyen. ChallengeIcon killer 3 30,000
Libération de rage Cassez 20 Murs, palettes ou générateurs. ChallengeIcon killer 3 30,000
Bien sanglant Frappez 20 fois un survivant avec votre arme. ChallengeIcon killer 3 30,000
Le tout pour le tout Sabotez 10 Crochets. ChallengeIcon survivor 3 30,000
DÉFIS DE MAÎTRE
Pied léger Échappez à une poursuite dans les 20 secondes qui suivent une chute d'une grande hauteur en utilisant la compétence Atterrissage ÉquilibréIconPerks balancedLandingIconPerks balancedLandingIconPerks balancedLanding. Faites-le 2 fois. ChallengeIcon survivor 5 50,000 IconHelp archivesLog
Affaire archivée Échappez-vous de 1 Partie en utilisant les compétences TénacitéIconPerks tenacityIconPerks tenacityIconPerks tenacity, Intuition de l'InspecteurIconPerks detectivesHunchIconPerks detectivesHunchIconPerks detectivesHunch et En PlanqueIconPerks stakeOutIconPerks stakeOutIconPerks stakeOut. ChallengeIcon survivor 5 50,000 IconHelp archivesLog
Déchaîné Terminez une partie avec un maximum de 1 Survivant encore en vie en utilisant les compétences TenaceIconPerks enduringIconPerks enduringIconPerks enduring, Rejeton de la LumièreIconPerks lightbornIconPerks lightbornIconPerks lightborn et RéparateurIconPerks tinkererIconPerks tinkererIconPerks tinkerer. ChallengeIcon killer 5 50,000 IconHelp archivesLog
Monter la mise Obtenez un résultat Excellent lors de 4 Tests d'habileté à l'aide de la compétence En PlanqueIconPerks stakeOutIconPerks stakeOutIconPerks stakeOut. ChallengeIcon survivor 5 50,000 IconHelp archivesLog
Déchiez-les ! Frappez 7 Survivants à l'aide de la tronçonneuse avec Le Montagnard. IconHelpLoading hillbilly 5 50,000 IconHelp archivesLog
Machiniste Réparez complètement 3 Générateurs. ChallengeIcon survivor 5 50,000 IconHelp archivesLog
DÉFIS GLYPHE
Garde de glyphes Communiez avec 3 Glyphes Blancs. ChallengeIcon whiteGlyph ChallengeIcon glyph 5 50,000
Chercheur de glyphes Communiez avec 4 Glyphes Rouges. ChallengeIcon redGlyph ChallengeIcon glyph 5 50,000


Charme de Fin de Niveau[]

Icône Nom Rareté Description
JU 003 Prédateur arachnide Très Rare Bien que née depuis peu, elle est déjà prête à se repaître.

Niveau 4[]

Défi Tâche Personnage Récompenses à l'achèvement
RiftFragments BloodpointsIcon2 IconHelp archivesCollection
DÉFIS RÉGULIERS
K.-O. Abattez 22 Survivants. ChallengeIcon killer 3 45,000
Libération de rage Cassez 50 Murs, palettes, ou générateurs. ChallengeIcon killer 3 45,000
Cible à découvert Frappez 15 Survivants À DécouvertIconStatusEffects exposedIconStatusEffects exposedIconStatusEffects exposed avec votre arme. ChallengeIcon killer 3 45,000
Fermeture Fermez la trappe 2 fois. ChallengeIcon killer 3 45,000
Poursuite mortelle Poursuivez les survivants pendant 300 secondes au total. ChallengeIcon killer 3 45,000
Obsédé Tuez l'obsession 8 fois par n'importe quel moyen. ChallengeIcon killer 3 45,000
Entrepôt de ferraille Endommagez 25 Générateurs. ChallengeIcon killer 3 45,000
Âge irisé Gagnez 12 Emblèmes de qualité Irisé. ChallengeIcon survivorKiller 3 45,000
Sauvetage ou sacrifice Effectuez 20 fois au total l'action correspondante en tant que survivant ou en tant que tueur:
  • Décrochez un survivant de manière sécurisée.
  • Suspendez un survivant.
ChallengeIcon survivorKiller 3 45,000
Finis les travaux manuels Purifiez 20 Totems. ChallengeIcon survivor 3 45,000
Amitié réelle Décrochez un survivant de manière sécurisée ou subissez un coup de protection 25 fois. ChallengeIcon survivor 3 45,000
Hors de vue Cachez-vous à moins de 10 mètresdu tueur sans vous faire prendre pendant un total de 120 secondes. ChallengeIcon survivor 3 45,000
Le dernier endroit où chercher Déverrouillez 15 Coffres. ChallengeIcon survivor 3 45,000
Donneur de vie Soignez un total de 10 États de santé d'un autre survivant. ChallengeIcon survivor 3 45,000
Tous les moyens sont bons Étourdissez le tueur 12 fois. ChallengeIcon survivor 3 45,000
La guilde de l'ingénieur Réparez un total de 10 Générateurs en coopérant avec d'autres survivants. ChallengeIcon survivor 3 45,000
De justesse Évitez 5 Attaques de base d'un tueur proche. ChallengeIcon survivor 3 45,000
DÉFIS DE MAÎTRE
Course sanguine Avec Le Montagnard, frappez 1 Survivant avec une Attaque ruée de 20 mètres ou plus. IconHelpLoading hillbilly 5 60,000 IconHelp archivesLog
Partisan obscur Suspendez 9 Survivants à un crochet. ChallengeIcon killer 5 60,000 IconHelp archivesLog
Traîtrise de réparation Frappez 4 Survivants avec votre arme en étant IndétectableIconStatusEffects undetectableIconStatusEffects undetectableIconStatusEffects undetectable et en utilisant la compétence RéparateurIconPerks tinkererIconPerks tinkererIconPerks tinkerer. ChallengeIcon killer 5 60,000 IconHelp archivesLog
Encore une fois Réussissez 6 Tests d'habiletés consécutifs. ChallengeIcon killer 5 60,000 IconHelp archivesLog
Compétences de Nea Avec Nea Karlsson, échappez à 4 Poursuites. SurvivorNea 5 60,000 IconHelp archivesLog
DÉFIS GLYPHE
Chasseur de glyphes Communiez avec 2 Glyphes Violets. ChallengeIcon purpleGlyph ChallengeIcon glyph 5 60,000
Chercheur de glyphes Communiez avec 5 Glyphes Rouges. ChallengeIcon redGlyph ChallengeIcon glyph 5 60,000
Garde de glyphes Communiez avec 4 Glyphes Blancs. ChallengeIcon whiteGlyph ChallengeIcon glyph 5 60,000


Charme de Fin de Niveau[]

Icône Nom Rareté Description
JU 004 Mère araignée Ultra Rare Un jour, ses petits se répandront dans tous le royaume.
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